Nucléaire : “Aujourd’hui, Internet est le lieu du débat”
Sep29

Nucléaire : “Aujourd’hui, Internet est le lieu du débat”

Pour cette nouvelle interview sur Diplomatie Digitale, nous avons rencontré Boris LE NGOC, Responsable Relations publiques et Communication digitale de la Société française d’énergie nucléaire (SFEN) qui a bien voulu répondre à nos questions. Diplomatie digitale : En quelques mots, quel a été votre parcours jusqu’à votre poste actuel de Responsable RP & communication digitale à la SFEN ? Boris Le Ngoc : Après une double formation en sciences politiques et intelligence économique, j’ai rejoint le groupe AREVA au service communication de crise. Puis, quelques temps après, parce que cette industrie me passionne, j’ai rejoint la Société française d’énergie nucléaire (SFEN). Quelle est la mission de la SFEN ? Quels sont vos objectifs ? La SFEN est une association qui porte deux missions. La première est d’animer la communauté des professionnels du nucléaire au travers d’évènements locaux, nationaux et internationaux. Ces moments sont essentiels pour parfaire ses connaissances sur le nucléaire. La SFEN fédère ainsi 4 000 membres et organise chaque année une centaine d’évènements. Ensuite, la SFEN est un porte-parole de la filière nucléaire française en France et au-delà. Quand l’actualité médiatique ou l’agenda institutionnel s’y prête, nous prenons part au débat. Quelles sont les audiences ciblées dans vos actions de communication ? En France, l’audience de notre association et plus généralement des acteurs de la filière est moins forte que celle de nos homologues américains et japonais. Il s’agit de pays où l’implication civique est culturellement et historiquement plus prégnante, si bien que cela s’en ressent sur les réseaux sociaux. Les Français aiment le débat, mais leur degré d’engagement n’est pas aussi élevé sur les questions qui portent à l’énergie. Selon vous, dans quelles mesures la communication sur Internet autour du secteur du nucléaire diffère-t-elle d’autres secteurs ? Voyez-vous d’ailleurs des similitudes avec d’autres secteurs ? En matière de communication, le nucléaire est un secteur sensible dans lequel le moindre incident peut entraîner est un emballement médiatique. En ce sens, il est assez similaire à des secteurs comme la chimie. Mais, il a également ses singularités. J’en retiens deux. D’abord, les acteurs les plus importants de cette filière appartiennent majoritairement à l’Etat. A la différence des dirigeants d’une entreprise où les capitaux sont privés, les prises de positions publiques ne peuvent être en totale rupture avec celles de l’Etat. Seconde singularité, le nucléaire souffre du syndrome du bon élève et consacre beaucoup d’énergie à informer sur ses inconvénients, « accidents », « déchets », pour rassurer. Si bien qu’on en oublie parfois de parler des atouts de l’atome : énergie bas-carbone, compétitive et savoir-faire français. En raison de cette « sensibilité » du secteur du nucléaire, comment la SFEN communique-t-elle sur Internet (vos media, vos outils, votre organisation…) ? Quelles sont les initiatives...

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