#ThisIsACoup : une crise de réputation très instructive
Juil31

#ThisIsACoup : une crise de réputation très instructive

Le hashtag #ThisIsACoup révèle à quel point l’histoire d’un Etat comme l’Allemagne peut jouer sur sa réputation et son image. Comment peut-elle s’en sortir? Alors qu’une énième émanation de la crise grecque semble tirer vers sa fin, l’Allemagne et l’Europe en ressortent considérablement meurtries par une opinion publique plus que jamais remontée. La Toile n’a pas été tendre envers l’une comme l’autre, et les réseaux sociaux y sont pour beaucoup dans les contrecoups de cette victoire à la Pyrrhus. Twitter a ainsi été le « champ de bataille » de la grogne citoyenne, notamment par le biais du hashtag #ThisIsACoup qui a été en « trending topic » dans de nombreux pays dont la Grèce et, plus surprenant encore, l’Allemagne. Mais au-delà de l’imbroglio politique, un enseignement demeure : l’identité et la réputation d’un acteur influencent inéluctablement la réception des messages qu’il émet… quitte à les rendre inaudibles. L’identité : l’élément secret de la communication digitale La prégnance du Web social fait aujourd’hui que tout individu, organisation, entreprise ou Etat peut devenir une « entité communicante ». Avec suffisamment de technique et de persévérance, un individu lambda peut s’avérer nuisible avec un simple compte Twitter. Certaines voix, jusqu’alors inaudibles, s’en servent pour faire valoir leur opinion, qu’elle soit nuisible ou vertueuse. Plus pernicieux encore, organisations, entreprises ou acteurs économiques peuvent être la cible de crises et autres bad buzz et se retrouver entraînés malgré eux dans une « guerre » de communication. Pour exemple, lors des heurts entre Über et les taxis, ces derniers ont connu un véritable déferlement de publications négatives (à tort ou à raison) contre lequel ils sont apparus comme impuissants ou en tout cas plus désorganisés que leur concurrent californien. Cet état des lieux a permis de tirer un double constat qui fait encore florès aujourd’hui : Il est désormais possible pour un individu isolé d’obtenir L’« absence » sur le Web social peut fragiliser les acteurs qui choisiraient de sous-estimer son importance. En partant de ce postulat, nombreuses ont été les entreprises (et parfois les Etats !) qui ont fait le choix d’investir massivement dans les réseaux sociaux afin de défendre leur identité. Ce mouvement qui n’a rien de nouveau s’accélère alors que 2015 a vu se démocratiser le terme de « transition numérique ». Hélas, le poids de l’« identité » et de la « réputation » d’un acteur est souvent sous-estimé dans ces démarches de communication. Selon que l’entité parte avec un solde positif ou qu’elle soit perçue négativement par ses publics, elle peut se retrouver mise à mal ou porter aux nues. Fondamentalement, la consommation de l’information sur le Web social est dictée par un axiome: alors que le vecteur (média) perde de l’importance, l’émetteur d’un message, son identité et sa réputation...

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E-réputation et sécurité : deux thèmes forcément indissociables
Jan29

E-réputation et sécurité : deux thèmes forcément indissociables

L'idée voudrait que l'e-reputation et la sécurité d’entreprise appartiennent à deux domaines différents. Il s'agit en réalité d'une erreur, qui est malheureusement à l’origine de choix désastreux quand il s’agit de répondre à une attaque nuisant à sa réputation en ligne. On sait pourtant que l’impact d’une attaque digitale ne se cantonne pas aux frontières du Net. Un des aspects les plus connus des dangers qu’encourt une entreprise sur la toile est indubitablement le risque de réputation.  C’est sur cette thématique que revient Chris Anderson, doctorant et co-fondateur de la société Cyber Investigation Services, sur un article consacré aux attaques en ligne utilisant la réputation comme vecteur.   L'"assassinat digital" : quelle réalité derrière le mythe? Certes, on pourrait accuser Anderson de dramatiser quand celui-ci évoque un « assassinat en ligne ». Le terme n’est pourtant pas nouveau puisque deux autres experts (Richard Torrenzano et Mark Davis) pourraient en revendiquer la paternité. Pour illustrer son propos, Anderson établit une classification des attaques en ligne que nous diviserons en trois catégories : Les attaques visant à détruire la réputation : Les avis négatifs Le « Negative SEO » ou NSEO La « brand assasination » (nous y reviendrons) Les attaques d’ordre technique : Attaque par déni de service Phishing et autres techniques d’hameçonnage Fraude au clic Les activités visant à obtenir ou utiliser de l’information stratégique via Internet : Le vol d’identité en ligne / l’ingénierie sociale Le vol de propriétés intellectuelles via Internet Le monitoring d’employés avec un rôle clef   Des attaques sur l’image aux conséquences désastreuses Nous nous concentrerons ici sur les attaques visant à détruire la réputation, bien que les autres attaques aient une importance équivalente pour la sécurité de l’entreprise. Qu’elle soit victime d’avis négatif, de Negative SEO ou de « brand assassination », l’entreprise peut devenir une cible sur la toile. Bing Liu, un chercheur à l’université de l’Illinois, à Chicago, estimait déjà en 2004 que 30% des avis en ligne sont faux et que certains sont rédigés dans un but malveillant.  A l’heure où Internet est parsemé de « bots », il y a fort à parier que ce chiffre n’a fait que grimper. Parallèlement, un exemple récent dans a presse a démontré comment certains acteurs ont recours au Negative SEO pour influencer les associations de mots et détruire l’e-reputation d’une bloggeuse ou détruire le référencement naturel d’autres sites. Ces deux pratiques peuvent avoir des effets désastreux sur l’entreprise, qui peut ainsi perdre des marchés ou voir sa valeur chuter en bourse de façon dramatique (c’est le cas de Leighton Holdings, accusée de corruption dans plusieurs articles en ligne, qui a perdu en un jour l'équivalent de 700 millions de dollars en actions). Cependant, le danger est...

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