Digital storytelling : optimiser l’émotion d’un message
Avr18

Digital storytelling : optimiser l’émotion d’un message

Pour développer leurs sphères d’influence, les entreprises et autres entités (associations, ONG, fédérations, institutions etc.) initient des relations, des discussions avec les parties prenantes qui composent l’écosystème dans lequel elles évoluent. Pour réaliser cet engagement digital, il est indispensable de se construire une légitimité durable. Un élément clef de ce type d’initiative est d’adresser un message pertinent dans le fond et la forme aux audiences auxquelles elle s’adresse: le digital storytelling. Dans ce cadre, interpeller et éveiller la curiosité sont les maitres mots retenus par le Center for Interdisciplinary Inquiry and Innovation in Sexual and Reproductive Health (Ci3), de l’Université de Chicago pour développer la sensibilisation aux problématiques de discrimination envers la communauté des noirs LGBT via des « digital stories ». Un projet de digital storytelling et de plateforme de recherche sociale baptisé South Side Stories a ainsi été élaboré conjointement par le Ci3 et des associations noires de Chicago. Tout l’enjeu, selon Craig Johnson, président du mouvement des Noirs Gay de Chicago consiste à améliorer l’impact que peut avoir une histoire personnelle de manière à dynamiser l’accélération du changement social. Dans ce cadre, la communication est abordée sous l’angle de l’efficacité afin d’optimiser l'émotion et le rendement de la sincérité. Cette initiative, dénuée de tout amateurisme est financée par la fondation Ford dont les motivations réelles ont soulevé quelques questions au point d’être qualifiée d’incarnation de la diplomatie culturelle américaine. Son processus va bien au-delà de la spontanéité inhérente à ces sujets épineux. Les « community partners » (Chicago Black Gay Men’s Caucus, Global Girls et YMCA of Metropolitan Chicago) identifient les participants, leurs histoires sont ensuite soigneusement sélectionnées au cours d’ateliers durant trois jours, par des éducateurs et des « media educators » coachant les individus et les transformant en acteurs de la communication médiatique via des stimuli oraux, écrits etc. Les storytellers sont ainsi formés aux media digitaux et aux éléments permettant d’optimiser l'émotion du message véhiculé (coming out mis en scène en vidéo, acceptation, ségrégation etc.). Une véritable mise en scène permet de mettre en valeur ces South Side Stories : narration, image, effets visuels et musiques. Cet exercice de digital storytelling suit logiquement celui de la cartographie des parties prenantes. L’extrême importance accordée au marketing du message maximise ses chances d’attirer la curiosité. Il est néanmoins indispensable de ne pas oblitérer l’aspect fondamental de son contenu, seul élément à même de garantir l’attention de l’audience car en termes d’engagement digital, la reconnaissance durable vient de l’utilité.   Vous souhaitez nous consulter pour plus d’information ? Cliquez...

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Diplomaties digitales humanitaires : connecter pour fédérer
Jan17

Diplomaties digitales humanitaires : connecter pour fédérer

Dans un précédent article, nous expliquions que les réseaux sociaux ne sont pas une fin en soi. Nous avions mis en avant certains effets pervers en montrant notamment que le succès quantitatif (likes, followers, vues etc.) d’une campagne de communication concernant une œuvre de charité ne signifie pas l’engagement réel de l’audience captée et peut même être contreproductif : l’appel au don est peu optimal quand il est réalisé dans le monde virtuel. Nous avons toujours considéré les réseaux sociaux comme des moyens de tisser des liens, de les transformer en ponts solides et inscrits dans la durée entre des entités, des communautés aux caractéristiques propres et aux intérêts parfois divergents. Car la véritable finalité des axes de communications ainsi créés est de véhiculer un contenu qualitatif formalisant ainsi l’échange et l’enrichissement mutuel. Notons par ailleurs que ces deux notions sont intrinsèquement liées ; c’est en suscitant l’intérêt que les espaces d’échanges croissent et se renforcent. Cette approche est particulièrement bien appréhendée par Beth Kanter, très grande spécialiste de l’utilisation des media sociaux par les entités à but non lucratif. Parmi ses nombreuses activités, Beth enseigne au sein du Monterey Institute of International Studies les différents moyens d’utiliser les réseaux et les media sociaux pour éduquer et impacter sur les grandes thématiques des organisations internationales (ceci fait d’ailleurs écho à notre précédente publication dans laquelle nous exposions les grandes lignes de la structuration des discussions digitales qui incluent notamment les thématiques chères à Beth : microfinance, droits de l’Homme etc.). Le constat est simple : la pénétration d’Internet et des réseaux sociaux permet de toucher un nombre toujours plus important de communautés (démographiques, géographiques etc.). Pour une organisation internationale, cela signifie que ses propos deviennent d’une part plus audibles, plus accessibles mais qu’ils peuvent en outre être véhiculés vers une audience élargie (autres ONG, citoyens, journalistes, politiciens, universitaires, législateurs etc.). Au-delà des promesses quantitatives d’une population connectée croissante et élargie, Beth précise que les organisations internationales les plus à même de susciter l’intérêt sont celles qui utilisent ces media sociaux pour véhiculer un storytelling intelligent, pertinent et surtout humain. Ces entités mettent en scène les gens et les communautés dont elles s’occupent. Ces initiatives inventives représentent ainsi une nouvelle manière de présenter les grands enjeux humanitaires : raconter l’histoire des réfugiés, des acteurs du monde rural etc. devient un axe de communication à part entière, effectué en parallèle du lobbying classique auprès des décideurs. L’aspect participatif de ces initiatives est l’aboutissement de cette notion de partage chère à Diplomatie Digitale car ces organisations internationales parviennent ainsi à fédérer autour de leurs projets. Notons enfin une autre conséquence de cette structuration autour et grâce aux media sociaux. Comme le...

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