Comment le Facebook d’un journaliste est devenu le temple des marques
Août12

Comment le Facebook d’un journaliste est devenu le temple des marques

Mû par la volonté de jouer aux apprentis sorciers, un journaliste de Wired, pure-player américain spécialisé dans les nouvelles technologies, a décidé d’"aimer chaque publication qu’il verrait sur son mur Facebook. Une expérience intéressante, dont les enseignements sont plus riches que l’on ne s’imaginerait de prime abord. "Tout le monde devrait aimer tout le monde" L’idée était la suivante. Pendant 48 heures,il allait "liker" systématiquement toutes les publications qu’il verrait sur son fil d'actualité, qu’il s’agisse de statuts, de vidéos d’amis ou de contenus sponsorisés. Matthew Honan, journaliste à Wired, ne s’est posé aucune limite sinon celle de ne pas toucher aux statuts relatifs aux décès de proches. Il s’est également limité à n’aimer que quatre contenus sponsorisés à la suite. En effet, Facebook proposant désormais quatre vidéos liées à chaque like (dans une démarche de native advertising), l'expérience se serait transformée en une spirale infernale de contenus sponsorisés. Le journaliste justifie cette entreprise un peu loufoque par une citation d’Andy Warhol pour le magazine Art News. "Tout le monde devrait aimer tout le monde" disait le célèbre publiciste. La version longue est encore plus intéressante. Warhol : "Quelqu’un a dit que Brecht voulait que tout le monde pense pareil. Je voudrais que tout le monde pense pareil. Mais Brecht, dans un sens, voulait atteindre cet objectif grâce au communisme. La Russie veut l’atteindre grâce au gouvernement. Pourtant, cela arrive ici (ndrl : aux Etats-Unis) sans qu’il y ait besoin d’un gouvernement aussi strict : donc, si ça marche sans qu’on ait à se forcer, pourquoi cela ne fonctionnerait pour les non-communistes ? Tout le monde se ressemble et agit de la même façon, et nous ne faisons que progresser dans cette voie. Je pense que tout le monde devrait être une machine. Je pense que tout le monde devrait aimer tout le monde." (…) Art News : "Et aimer les choses, c’est agir comme une machine ?" W : "Oui, car vous faites la même chose à chaque fois. Vous la répétez encore et encore." Sans aller jusqu’à prophétiser Facebook, force est de constater que le publiciste avait vu juste. Mais derrière cette explication symbolique, il y avait également un intérêt très scientifique : tester comment l’algorithme de Facebook réagirait si on poussait la logique ad infinitum.   "Il n’y avait plus que des marques et des messages" En un temps record, le visage de son Facebook a changé littéralement. En moins d’une heure, celui-ci avait été déserté par toute trace de vie humaine, pour être remplacé par une succession de contenus sponsorisés. "Il n’y avait plus d’êtres humains sur mon fil d'actualité. Il n’y avait plus que des marques et des messages, en lieu et place d’humains...

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Pourquoi les marques ciblent systématiquement les femmes sur le Web ?
Juil03

Pourquoi les marques ciblent systématiquement les femmes sur le Web ?

Procter & Gamble, Always, Perrier… Qu’il s’agisse de campagnes visant à promouvoir l’identité féminine ou, au contraire, jouant sur des concepts sexistes ou graveleux, les femmes sont souvent la « cible » des marketers de tous poils. La ménagère de moins de 50 ans aurait-elle fait sa transformation numérique ? La ménagère de moins de 50 ans : un concept inadapté ? Autres temps, autres mœurs. Le concept de ménagère de moins de 50 ans, inventé dans les années 60, désignait ces femmes au foyer qui étaient les véritables « maîtresses de maison » et donc les chefs de budget. Propulsée par une déferlante de pubs plus ou moins sexistes, ou tout simplement terre à terre, vantant tour à tour tel réfrigérateur ou tel lave-vaisselle, la notion a longtemps fait les choux gras des publicitaires. Elle n’en demeure pas moins floue car trop discriminante, car elle englobe en son sein une population très large et hétéroclite de femmes. Mais derrière le concept, c’est aussi un travers de publicitaire particulièrement tenace qui a poussé, peu ou prou, le marketing à cibler de façon presque systématique cette catégorie bâtarde. A tort ? Pas totalement. Comme l’indique Aurora David, directrice de l’agence publicitaire My Media dans une interview très éclairante pour Europe 1, le concept de ménagère de moins de 50 ans répond à une réalité : les femmes sont très majoritairement celles qui achètent le plus. Peut-on en dire autant sur le Web social et parier sur la naissance d’une ménagère 2.0 ? Les femmes sont-elles celles qui font tourner les réseaux sociaux ?   Les femmes, nouvel eldorado des marques Ultra-sollicitées, les femmes sur les réseaux sociaux ? Apparemment oui, si l’on se réfère à cette liste de campagnes « virales » qui ont fait le tour du Web ces dernières années. Procter and Gamble: hardest job in the world (2012) Dove: Real beauty sketches (2013) Protecter and Gamble: Pick them back up (2014) Always: #LikeAGirl (2014) Et la liste est encore longue : Google : Made with Code (2014), Verizon : Inspire her mind (2014), etc. La structure est souvent la même : réalisation léchée, musique instrumentale et profonde, presque mélancolique, femmes de tous horizons et de toutes nationalités… Le storytelling varie également très peu. Généralement segmentée en deux parties, la vidéo va présenter une vérité établie, des moments de vie quotidiens, avant d’aboutir à la révélation finale, sorte d’eye opener qui en formera l’apothéose (en ce sens, elle respecte la structure narrative la plus classique… des blockbusters !). La transition entre ces deux moments peut être progressive, de l’enfance à l’âge adulte (Procter & Gamble, Made with Code, Verizon), ou au contraire brutale (Dove, LikeAGirl), selon l’émotion que l’on cherche à provoquer (la nostalgie, la révolte…). Ce mouvement s’est...

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Digital storytelling : optimiser l’émotion d’un message
Avr18

Digital storytelling : optimiser l’émotion d’un message

Pour développer leurs sphères d’influence, les entreprises et autres entités (associations, ONG, fédérations, institutions etc.) initient des relations, des discussions avec les parties prenantes qui composent l’écosystème dans lequel elles évoluent. Pour réaliser cet engagement digital, il est indispensable de se construire une légitimité durable. Un élément clef de ce type d’initiative est d’adresser un message pertinent dans le fond et la forme aux audiences auxquelles elle s’adresse: le digital storytelling. Dans ce cadre, interpeller et éveiller la curiosité sont les maitres mots retenus par le Center for Interdisciplinary Inquiry and Innovation in Sexual and Reproductive Health (Ci3), de l’Université de Chicago pour développer la sensibilisation aux problématiques de discrimination envers la communauté des noirs LGBT via des « digital stories ». Un projet de digital storytelling et de plateforme de recherche sociale baptisé South Side Stories a ainsi été élaboré conjointement par le Ci3 et des associations noires de Chicago. Tout l’enjeu, selon Craig Johnson, président du mouvement des Noirs Gay de Chicago consiste à améliorer l’impact que peut avoir une histoire personnelle de manière à dynamiser l’accélération du changement social. Dans ce cadre, la communication est abordée sous l’angle de l’efficacité afin d’optimiser l'émotion et le rendement de la sincérité. Cette initiative, dénuée de tout amateurisme est financée par la fondation Ford dont les motivations réelles ont soulevé quelques questions au point d’être qualifiée d’incarnation de la diplomatie culturelle américaine. Son processus va bien au-delà de la spontanéité inhérente à ces sujets épineux. Les « community partners » (Chicago Black Gay Men’s Caucus, Global Girls et YMCA of Metropolitan Chicago) identifient les participants, leurs histoires sont ensuite soigneusement sélectionnées au cours d’ateliers durant trois jours, par des éducateurs et des « media educators » coachant les individus et les transformant en acteurs de la communication médiatique via des stimuli oraux, écrits etc. Les storytellers sont ainsi formés aux media digitaux et aux éléments permettant d’optimiser l'émotion du message véhiculé (coming out mis en scène en vidéo, acceptation, ségrégation etc.). Une véritable mise en scène permet de mettre en valeur ces South Side Stories : narration, image, effets visuels et musiques. Cet exercice de digital storytelling suit logiquement celui de la cartographie des parties prenantes. L’extrême importance accordée au marketing du message maximise ses chances d’attirer la curiosité. Il est néanmoins indispensable de ne pas oblitérer l’aspect fondamental de son contenu, seul élément à même de garantir l’attention de l’audience car en termes d’engagement digital, la reconnaissance durable vient de l’utilité.   Vous souhaitez nous consulter pour plus d’information ? Cliquez...

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Pourquoi les acheteurs se tournent vers le Web social
Avr02

Pourquoi les acheteurs se tournent vers le Web social

Une étude menée par un centre de recherche sur le marketing démontre que les acheteurs préfèrent désormais se tourner vers du contenu publié par des experts du Web pour les aider dans leurs prises de décisions. La publication s’est focalisée sur les méthodes de sourcing, de partage et de curation de 352 acheteurs, tous continents confondus. Le résultat démontre l’importance d’internet et du Web social dans les recherches préalables aux ventes mais également après le contrat, dans le cadre d’achat d’options/services supplémentaires.   Soif d’analyse Ce qui intéresse plus particulièrement les acheteurs se révèle être le contenu analytique, objectif et factuel. Plus intéressant, les contenus les plus appréciés sont ceux qui sont publiés par des tiers – un résultat qui démontre l’importance des avis analytiques et non encartés, qui s’extraient du seul discours technique et commercial d’une entreprise. Autre découverte de l’étude, la communication et les échanges aidant à la vente se regroupent dans des « cercles » informels de partage de l’information : L’étude détermine 3 cercles majeurs, dont les appellations sont issues du management : From the « top down », les informations qui sont diffusées par les décideurs ou la direction, From « bottom up », les informations diffusées par les juniors, jeunes actifs, From the « middle-out », le contenu provenant des corps « intermédiaires », qui partagent du contenu plus « opérationnel », à la fois technique et qualitatif. D’autres résultats valent également la peine d’être mentionnés : La subjectivité dans les analyses est à bannir : les acheteurs vont préférer des faits et des analyses basées sur des données, Les 5 types de contenus les plus recherchés incluent : les sondages ou études sectorielles, les détails techniques sur des produits ou des solutions, les avis ou recommandations d’analystes, souvent financiers, les publications d’experts fondées sur des données précises et les contenus publiés par des sources externes, Les acheteurs veulent du contenu concret qui leur permet de mieux identifier les bonnes pratiques, d’établir un benchmark et d’établir un planning stratégique qui leur permettra de hiérarchiser besoins et priorités, Le contenu a un impact durable : le contenu a un rôle clef dans le cadre d’achats d’options ou de services supplémentaires. Une majorité (86%) se concentre ainsi sur le contenu digital pour identifier des produits additionnels. Une étude qui met donc le content marketing à l'honneur. Le rapport complet en anglais est disponible ici.   Vous souhaitez nous consulter pour plus d’information ? Cliquez...

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Web social: vers une prédiction des buzz?
Mar27

Web social: vers une prédiction des buzz?

Le buzz est une vieille obsession de beaucoup de communicants sur les réseaux sociaux : l’objectif à atteindre, le Saint Graal digital. L’obsession est telle que chaque expert a son mot à dire, son conseil clef, sa liste de points à respecter pour que le plomb se transforme en or. Pourtant, chacun s’accorde à dire que le buzz n’est pas une science exacte, et que le hasard a sa part à jouer dans le succès d’une campagne sur le Web social. Mais est-ce certain? Un groupe de chercheurs s’est demandé s’il n’existait pas de formule secrète qui permettrait de tomber juste à chaque fois. Le phénomène de la cascade Comparant le phénomène de partage en ligne de masse à celui d’une cascade, qui s’élargit et grandit à mesure qu’elle s’écoule, l’équipe a souhaité répondre à trois questions basiques : Jusqu’à quel point la croissance d’une « cascade » peut-elle être anticipée ? Est-ce que les petites et les grandes « cascades » peuvent être anticipées ? Peut-on cartographier la forme et la structure d’une « cascade » ? Malgré les limites de l’exercice, que les universitaires reconnaissent bien volontiers, ces derniers ont fait plusieurs trouvailles, d’intérêt variable. Outre des déclarations sommes toutes très classiques (le taux de partage augmente en fonction du type de contenu, de l’émetteur originel, des influenceurs, de la date ou de la plateforme utilisée pour diffuser l’information), les chercheurs ont néanmoins fait une trouvaille intéressante. Le « buzz » semble obéir à une logique exponentielle. Concrètement, un message partagé 25 fois a plus de chances de doubler que si le message a été partagé 5 fois. Et ainsi de suite. De sorte qu’une base forte est la condition sine qua none si l’on souhaite réussir à mener une campagne « virale ». A partir de là, une fois le mouvement lancé, les universitaires ont été capables d'établir avec une certaine précision comment l'information allait se transmettre et évoluer une fois initiée. Ils ont donc réussi (à moitié) leur pari. Si cette découverte est intéressante, l’exercice n'en demeure pas moins artificiel : le buzz, puissance de frappe médiatique des social media, ne peut être un objectif en soi (pour la simple raison qu’1 million de vues n’est pas forcément synonyme d’un retour sur investissement). Avant de multiplier les actions de partage, la mise en place d’une stratégie touchant un objectif supérieur (la mise en contact avec des influenceurs, le renforcement ou la pénétration d’une communauté en particulier) est préférable pour que les efforts déployés soient à la mesure des gains… Vous souhaitez nous consulter pour plus d’information ? Cliquez...

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