Le Web russe : terre d’opportunités pour les entreprises françaises ?
Juin09

Le Web russe : terre d’opportunités pour les entreprises françaises ?

Portrait d’un espace digital et numérique méconnu par l’équipe du Russia & CIS Desk de l’ADIT, les consultants spécialisés sur l’espace Russie / CEI. Le Web russe est une mosaïque complexe, à la fois riche et ultradéveloppée. A rebours de l’image généralement véhiculée par les media francophones, le « RuNet » est souvent l’objet de fantasmes et de mythes qui ne font pas honneur à la réalité. Pour lever le voile, l’équipe de Diplomatie Digitale a rencontré le Russia & CIS Desk, l’équipe de consultants russophones de l’ADIT. Portrait d’un internet parallèle mais complémentaire, riche et ultra-connecté. Le Web russe : terra incognita aux spécificités importantes « Le Web russe est très puissant » lâche d’emblée Svetlana, directrice du Russia & CIS Desk, le pôle de consultants russophones de l’ADIT. Puissant en quoi ? Dans sa spécificité culturelle, certainement. A l’image de la Russie, à la croisée de l’Orient et de l’Occident, l’Internet russe tire sa force dans son mélange de cultures. Ce dernier associe ainsi les services classiques occidentaux, comme Google, Facebook ou Twitter, tout en se nourrissant d’outils endémiques. L’ensemble a un nom : « RuNet », contraction de Russie et d’Internet. S’y retrouvent pêle-mêle sites web caractéristiques (les noms de domaine s’écrivent aussi en cyrillique), concurrents de Google ou réseaux sociaux nationaux. Ainsi, Vkontakte ou « VK », l’équivalent du réseau social américain Facebook, est utilisé par plus de 49 millions d’internautes contre 21,4 millions d’utilisateurs pour son aîné. « Les internautes utilisent Vkontakte de façon très différente » explique Ninog, elle-aussi consultante spécialiste du marché russe, fraîchement rentrée de Moscou. « Même si Vkontakte a été créé comme un clone de Facebook (ndlr : le site a copié trait pour trait le design de son homologue américain), les usages ont divergé radicalement. Le droit de la propriété intellectuelle n’est pas aussi sévère en Russie qu’aux Etats-Unis ou en Europe de l’ouest. De sorte que Vkontakte est devenue une plateforme pour le téléchargement ou le streaming, souvent illégal par ailleurs, de vidéos ou de musique ». Une plateforme d’échanges qui n’a pas tardé à irriter les ayant-droits américains qui ont par ailleurs pris des mesures. « Depuis », avoue Ninog, « il semble y avoir moins de contenu étranger et plus de contenu russophone ». Mais Vkontakte n’est pas le seul service spécifiquement russe. Yandex, un concurrent national de Google, est profondément ancré dans l’espace CEI / Russie. « Il s’agit d’une décision pragmatique plutôt que l’expression d’un patriotisme », explique Svetlana. Car Yandex ne se contente pas d’être un simple moteur de recherche. A l’image du géant américain, il a su diversifier ses offres : fournisseur d’e-mail, plateforme d’e-commerce ou encore service de cartographie en ligne à l’image de Google Maps, Yandex est en réalité une solution clef en...

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Intelligence économique et Big Data : peut-on parler d’innovation disruptive ?
Mar27

Intelligence économique et Big Data : peut-on parler d’innovation disruptive ?

Intelligence économique et Big Data sont-ils complémentaires ou antagonistes ? La révolution de la data va-t-elle bouleverser le secteur ? Le Big Data est-il disruptif, c’est-à-dire va-t-il provoquer un éclatement des métiers et du secteur de l’Intelligence économique ? Ces questions intéressent les professionnels de l’intelligence économique pour qui le Big Data détient le potentiel pour faire avancer les pratiques actuelles… à condition que les données soient structurées et que l’éthique soit respectée. A l’occasion de l’intervention de Jean-Pierre Vuillerme, Senior VP Management des risques de l’ADIT, pour le colloque “La donnée n’est pas donnée” à l’Ecole Militaire, nous avons décidé de faire le point sur les relations entre Intelligence économique et Big Data. Le Big Data : un phénomène né du Cloud ? Avant même d’évoquer les relations qui existent entre intelligence économique et Big Data, il faut peut-être revenir sur ce que couvre réellement ce terme polysémique (l’école de sciences des données de Berkley a ainsi recensé plus de 40 définitions différentes). Le Big Data se définit généralement comme un ensemble de méga-données qui se caractérise, comme l’intelligence économique, par un triptyque : « high volume, high velocity, high variety » (volume, vitesse, variété). Cette “alliance des 3 V” peut déjà fournir un début de réponse à l’énigme Big Data : il s’agit de la convergence de plusieurs bases de données différentes, avec un volume important et dans un temps relativement court. L’aspect qui nous semble le plus novateur dans cette convergence de méga-données est certainement la variété des données de par (1.) leur nature (vidéo, audio, image, texte), et (2.) leur provenance (Twitter, Youtube, recherche Google, données Exif, données audio). Cette variété de données et des plateformes d’utilisation est le point le plus complexe à traiter techniquement : qu’il s’agisse des réseaux sociaux, des données publiques (open data), de données liées aux objets connectés et de métadonnées (données liées aux fichiers produits comme l’heure, la géolocalisation, etc), on se retrouve avec des extensions de fichiers et une masse de données structurées différemment. En effet, s’il suffisait simplement de tirer parti d’un volume important de données en provenance d’une source unique, il n’y aurait rien de véritablement révolutionnaire dans le Big Data. Il est déjà possible à l’heure actuelle de puiser à l’intérieur d’un gisement de données uniques : c’est ce qu’on appelle le data mining, qui est une technique éprouvée et utilisée depuis longtemps par les professionnels de l’intelligence économique. La spécificité des Big Data tient à ce qu’elles rassemblent plusieurs informations différentes. Vient ensuite « la mise en place de règles de gestion et d’interactions, de segmentation et de personnalisation temps réel sur l’ensemble des canaux existants » (Arnaud Féménia, d’Opal Consulting) qui permet de tirer une réponse...

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