Les réfugiés climatiques : un sujet passé inapercu sur Twitter
Avr10

Les réfugiés climatiques : un sujet passé inapercu sur Twitter

Sur Twitter, les migrations de réfugiés climatiques sont encore peu évoquées et manquent cruellement de visibilité. Dans notre étude de cas sur la Cop20, nous analysons pourquoi les experts n’arrivent pas à faire porter leur voix sur le sujet et comment les questions de migrations de réfugiés climatiques sont détournées par des groupes activistes. Plus de vingt ans se sont écoulés depuis le discours fracassant de Severn Suzuki, cette jeune fille de 12 ans qui avait réduit au silence les dirigeants du monde lors du Sommet de la Terre à Rio. Depuis cette entrée remarquée, les enjeux climatiques se sont peu à peu imposés dans la sphère médiatique au rythme des publications scientifiques alarmantes sur la dégradation de l’environnement. 1992 est aussi l’année durant laquelle a été créée la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), à la suite du Sommet de la Terre. Par la suite seront créées les COP (Conférence des parties), communément surnommées conférences pour le climat et dont Paris accueillera la 21è édition en novembre – la COP 21. En amont de la COP 21, notre analyse vise à faire une rétrospective sur la précédente conférence pour le climat, la conférence de Lima ou COP 20, et notamment sur un sujet encore trop peu abordé dans les discussions liées au réchauffement climatique : celui des migrations de réfugiés climatiques.   Notre méthodologie Les migrations climatiques sont les flux des mouvements humains qui sont liés à une catastrophe naturelle. Le terme de réfugiés climatiques ou réfugiés écologiques est généralement utilisé pour décrire les individus qui ont été dans l’obligation de se déplacer. Selon le Norwegian Refugee Council, à l’heure actuelle 22 millions de personnes ont dû quitter leurs foyers en raison de catastrophes naturelles. Un chiffre qui semble être amené à augmenter du fait des activités humaines et de la dégradation du climat. Notre analyse consiste à observer les échanges francophones et anglophones effectués via Twitter sur les migrations de réfugiés climatiques. Il s’agit aussi d’introduire une recherche plus vaste des travaux de recherche d’Emilie Chevalier sur le discours spécifique aux migrations climatiques et aux îles Pacifique, dont l’avenir reste imprécis et fait l’objet de débats. Notre premier objectif a été de comprendre comment les discussions sur les migrations climatiques se sont structurées et quels acteurs ont exercé une forte influence durant la COP 20 et ce dans le but de faire une analyse prospective. Nous avons utilisé la plate-forme d’analyse Visibrain Focus TM afin de nous renseigner sur la façon dont les internautes communiquent sur les migrations de réfugiés climatiques, comme le théorise le courant de recherche des Digital Methods initié par Richards Roger. Le choix de...

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