Diplomatie digitale : un atout pour les entreprises et les Etats
Jan08

Diplomatie digitale : un atout pour les entreprises et les Etats

La diplomatie digitale (ou numérique) est un concept qui a le vent en poupe. Mais derrière l’engouement qu’elle suscite, les gouvernements partagent avec les entreprises les incertitudes liées aux métriques, à la méthodologie et… à la stratégie à tenir. Alors, quel est l’état des lieux de la diplomatie digitale de nos jours ?   La tentation du chiffre : une erreur commune pour les gouvernements et les entreprises Dans notre vision du secteur, nous distinguons deux types de diplomatie digitale : la diplomatie digitale pour les entreprises et la diplomatie digitale (ou numérique) pour les Etats. Cette vision est alimentée par la conviction que la proximité des parties prenantes issue de la montée en puissance du Web implique que la diplomatie d’affaires transposée au Web est devenue fondamentale d’une part. Nous traitons ici de la proximité tactique et stratégique qui existe entre ces deux concepts en partant d’un article du chercheur israélien Ilan Manor, spécialiste de la diplomatie digitale d’Etat que nous avions déjà cité sur ce blog pour sa cartographie de l’influence des Etats sur Twitter. Ce dernier est revenu dans un article récent sur deux exemples de “community management” par deux ministères. Il a ainsi comparé les méthodes du Ministry of External Affairs indien (MEA) et celles de son homologue kenyan, le Ministry of Foreign Affairs (MFA).   Indian Diplomacy, le compte Twitter du MEA indien, affiche plus de 288 000 abonnés L’Inde gagne haut la main la bataille du nombre. Celui-ci a le plus grand nombre de followers de tous les ministères présents sur Twitter. Pourtant, avec raison, le chercheur rappelle que la quantité ne prévaut pas sur la quantité. “Les Ministères des Affaires étrangères peuvent certes se vanter d’être suivis par des milliers d’internautes, s’ils ne sont pas suivis par leurs homologues ou par les journalistes spécialisés en politique internationale, cela ne leur permet pas de toucher les bonnes audiences“, explique Manor. A cela nous précisons également que s’ajoutent des données culturelles et/ou démographiques trop souvent oubliées par ceux qui mesurent leur influence à l’aune des seuls followers. On peut par exemple supposer que l’apport en followers des citoyens indiens est très important, mais comment intégrer ceux-ci dans la balance en sachant que l’Inde a l’une des plus grandes populations de la planète ? Peut-on en effet raisonnablement comparer les 33 millions d’utilisateurs de Twitter en Inde avec les 2,3 millions de la France ? Il s’agit donc d’une première erreur : ignorer ce type de données est réducteur. Cela est aussi peu pertinent que d’inclure dans une stratégie des consommateurs qui n’appartiennent pas à un cœur de marché et qui sont donc peu susceptibles d’acheter un produit. Tout acteur, qu’il soit public...

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Une cartographie dévoile les réseaux d’influence des Etats sur Twitter
Mai16

Une cartographie dévoile les réseaux d’influence des Etats sur Twitter

Cartographie et étude : A l’heure où les infographies pullulent sur les réseaux sociaux, la “data visualization” (comprendre la mise en lumière des données) est souvent cantonnée à son aspect strictement esthétique : le livrable est ainsi moins utilisé pour l’analyse de son réseau que comme moyen de véhiculer une idée. Si ce n’est pas forcément un mal, l’utilisation de cartographies des réseaux en ligne (mais aussi hors ligne) présente un double intérêt, autrement plus stratégique que celui du simple message. Les « mind maps » permettent en effet : L’évaluation pertinente d’un réseau Le développement d’une stratégie digitale pertinente Une étude de cas réalisée par le blog Exploring Digital Diplomacy permet ainsi de saisir toute la pertinence de la démarche SNA (pour Social Media Analysis), en présentant l’interaction entre les ministères des Affaires étrangères sur Twitter.   Cartographie: Quid de la diplomatie française sur Twitter? Exploring Digital Diplomacy réalise ici un travail remarquable (et probablement sans précédents). Le doctorant en charge du blog, qui s’intéresse à la diplomatie des États à l’ère digitale, a utilisé Visone pour analyser comment les ministères des affaires étrangères interagissent entre eux sur Twitter. (Source: Exploring Digital Diplomacy) En se fondant sur un échantillon de 70 ministères présents sur Twitter, l’auteur du blog a pu établir une cartographie simple et pertinente des interactions (plus il y a de flèches, plus importante est l’interaction). Trois paramètres ont guidé le bloggeur dans l’élaboration de sa cartographie : La popularité (in-degree), mesurée par le nombre de Ministères suivant un Ministère donné, (Source: Exploring Digital Diplomacy)   Le réseau (out-degree), mesuré par le nombre de contacts qu’un Ministère a avec d’autres Ministères, (Source: Exploring Digital Diplomacy)   L’entremise (betweenness), mesurée par la capacité d’un Ministère à servir de hub d’informations entre d’autres Ministères qui ne se suivent pas. (Source: Exploring Digital Diplomacy)   La fusion de ces paramètres permet de mesurer l’influence des Ministères. Plusieurs trouvailles sont dignes d’intérêt. Si, sans surprise, les Etats-Unis remportent la palme du ministère le plus suivi par ses homologues, talonné par le Royaume-Uni, la troisième place est occupée… par la Pologne ! La France n’arrive quant à elle qu’en 8ème position – c’est le seul paramètre dans lequel elle obtient un score satisfaisant. Parallèlement, le Ministère qui a le plus de contacts avec les autres est l’Islande, suivi par la Suède et Israël… Aucune puissance occidentale ne figure dans le haut du panier si on prend en compte ce paramètre. Enfin, pour ce qui est de l’entremise, on constate que la Suède, le Royaume-Uni et la Russie sont les plus grands hubs d’information pour les autres Ministères. Au regard de ces informations, le bloggeur a finalement...

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