Alimentation : “Sur le Web, on oscille entre foodporn et vision anxiogène”
Nov24

Alimentation : “Sur le Web, on oscille entre foodporn et vision anxiogène”

L’alimentation est l’une des préoccupations majeures des Français et le Web social n’est évidemment pas épargné. Comment les professionnels du secteur réagissent-ils à cette nouvelle donne ? Début de réponse avec notre interview d’Amaury Bessard, Directeur de la Communication à l’ Association Nationale des Industries Alimentaires (ANIA). En quelques mots, quel a été votre parcours jusqu’à votre poste actuel de Directeur de la Communication de l’Association Nationale des Industries Alimentaires (ANIA) ? Diplômé d’un DEA en sociologie des médias à Paris 2 et de l’Ecole de Guerre Economique, j’ai commencé mon parcours professionnel en agence conseil en communication et affaires publiques. J’ai ensuite intégré en 2007 la société Ferrero en France pour m’occuper de la communication corporate et des affaires publiques. En 2011, j’ai pris la responsabilité de la stratégie de Responsabilité Sociale et Environnementale (RSE) de l’entreprise au sein de la direction générale. Je suis arrivé à l’ANIA en mai 2014 avec pour mission de refondre sa stratégie de communication et de l’ouvrir progressivement à plus de dialogue sociétal. J’ai l’habitude de décrire mon parcours via le management des « 3 R » : Responsabilité, Réputation et Relation. Quelle est la mission de l’ANIA ? Quels sont vos objectifs et les audiences ciblées ? La mission de l’ANIA est de représenter et accompagner les 15 789 entreprises agroalimentaires de France. L’ANIA est une association professionnelle loi 1901 qui rassemble 18 fédérations nationales sectorielles et 23 associations régionales. L’agroalimentaire constitue le premier employeur industriel de France avec 493 272 salariés (au 31 décembre 2014) et un chiffre d’affaires annuel cumulé de 157.6 milliards d’euros. L’ANIA est l’interlocuteur privilégié des pouvoirs publics, des institutions et des médias sur tous les sujets liés à l’alimentation et à l’agroalimentaire. Notre objectif est simple : participer au débat public en mettant à disposition l’expertise et les positions de notre secteur. Quels sont les profils de votre équipe ? Quelles compétences recherchez-vous ? L’équipe de communication de l’ANIA est composée à ce jour de 4 personnes. Un personne en charge des relations des médias et de l’organisation d’évènements, une personne en charge de la production de contenus et du digital, une personne en charge du support administratif et je suis moi-même en charge de l’animation de la direction et du pilotage des opérations. Nous avons la chance à l’ANIA de bénéficier de l’expertise des communicants de nos fédérations adhérentes, ainsi que des directeurs de la communication des entreprises agroalimentaires. Nous fonctionnons ainsi sous forme de réseau de compétences. Etant au service de nos adhérents pour représenter le secteur, promouvoir leurs initiatives, et les accompagner. l’autonomie, la capacité d’analyse et de coordination, la rigueur sont des compétences clés pour travailler chez nous, pour travailler...

Lire la suite
Engagement digital : le cas d’école de la clinique de Cleveland
Jan27

Engagement digital : le cas d’école de la clinique de Cleveland

Pour développer leur sphère d’influence, les entités économiques (entreprises, institutions, fédérations, associations, groupements d’intérêts, ONG etc.) initient des relations avec les interlocuteurs et parties prenantes avec lesquelles elles doivent composer. L’ensemble de ces interactions représente une véritable diplomatie d’affaires dont le volet numérique est de première importance et doit être appréhendé à travers une stratégie digitale planifiée. Comme nous l’avons mentionné à plusieurs reprises, le fondement d’une opération de communication d’engagement est la construction d’une légitimité à l’épreuve du temps. Il ne s’agit pas uniquement de vanter une marque, une entreprise ou ses produits mais de prendre la parole et de proposer un contenu intéressant afin de contribuer à l’élaboration d’un contexte de valorisation durable. La mise en place du Health Hub de la clinique de Cleveland est un bon exemple d’une initiative digitale intelligente et qui arrive avec succès à contribuer au rayonnement de la marque « Cleveland Clinic ». Dans le cadre de ce Health Hub, la clinique de Cleveland prend la parole afin de discuter de la Santé et de proposer un contenu utile et original, à même de favoriser la reconnaissance des audiences cibles : patients, professionnels de la santé et grand public (seniors, parents d’enfants ou d’adolescents, public féminin etc.). Ce hub informatif met ainsi à disposition de ces audiences des informations médicales sous la forme de billets postés jusqu’à cinq fois par jour ouvré et qui traitent de nombreux sujets Santé : perdre du poids après la ménopause, innovation scientifique, intérêt de l’aérobic, différences entre la grippe et un simple coup de froid etc. Parfois, ces billets se font plus humoristiques ou originaux et sont proposés sous un format alternatif tel que l’infographie : que faire quand son urine devient bleue ? Ce positionnement est le préalable au développement de deux éléments nécessaire à la viabilité d’un tel media : la notoriété et la crédibilité. La crédibilité est développée par le « featuring » des experts médicaux (MD – Medicinae Doctor, scientifiques, Key Opinion Leaders etc.) qui interviennent sur certains sujets (cardiologie, chirurgie etc.) et qui sont garants de la crédibilité scientifique et médicale des propos tenus sur le hub ainsi que des sources véhiculées. La notoriété du hub est assurée par la pénétration des réseaux sociaux. La clinique de Cleveland dispose ainsi : D’un compte Pinterest, D’un compte Twitter régulièrement alimenté et influent (1900 abonnements pour 175 000 abonnés), D’une chaine Youtube aux 7000 abonnés qui propose également un contenu intéressant et diversifié (exercices à réaliser pendant la grossesse, comparaison café / boissons énergétiques, scènes de danse du tango entre deux médecins de la clinique etc.), D’une page Facebook aux 810 000 abonnés, également animée avec pertinence, D’un compte Linkedin qui relaye également, outre...

Lire la suite
Diplomaties digitales humanitaires : connecter pour fédérer
Jan17

Diplomaties digitales humanitaires : connecter pour fédérer

Dans un précédent article, nous expliquions que les réseaux sociaux ne sont pas une fin en soi. Nous avions mis en avant certains effets pervers en montrant notamment que le succès quantitatif (likes, followers, vues etc.) d’une campagne de communication concernant une œuvre de charité ne signifie pas l’engagement réel de l’audience captée et peut même être contreproductif : l’appel au don est peu optimal quand il est réalisé dans le monde virtuel. Nous avons toujours considéré les réseaux sociaux comme des moyens de tisser des liens, de les transformer en ponts solides et inscrits dans la durée entre des entités, des communautés aux caractéristiques propres et aux intérêts parfois divergents. Car la véritable finalité des axes de communications ainsi créés est de véhiculer un contenu qualitatif formalisant ainsi l’échange et l’enrichissement mutuel. Notons par ailleurs que ces deux notions sont intrinsèquement liées ; c’est en suscitant l’intérêt que les espaces d’échanges croissent et se renforcent. Cette approche est particulièrement bien appréhendée par Beth Kanter, très grande spécialiste de l’utilisation des media sociaux par les entités à but non lucratif. Parmi ses nombreuses activités, Beth enseigne au sein du Monterey Institute of International Studies les différents moyens d’utiliser les réseaux et les media sociaux pour éduquer et impacter sur les grandes thématiques des organisations internationales (ceci fait d’ailleurs écho à notre précédente publication dans laquelle nous exposions les grandes lignes de la structuration des discussions digitales qui incluent notamment les thématiques chères à Beth : microfinance, droits de l’Homme etc.). Le constat est simple : la pénétration d’Internet et des réseaux sociaux permet de toucher un nombre toujours plus important de communautés (démographiques, géographiques etc.). Pour une organisation internationale, cela signifie que ses propos deviennent d’une part plus audibles, plus accessibles mais qu’ils peuvent en outre être véhiculés vers une audience élargie (autres ONG, citoyens, journalistes, politiciens, universitaires, législateurs etc.). Au-delà des promesses quantitatives d’une population connectée croissante et élargie, Beth précise que les organisations internationales les plus à même de susciter l’intérêt sont celles qui utilisent ces media sociaux pour véhiculer un storytelling intelligent, pertinent et surtout humain. Ces entités mettent en scène les gens et les communautés dont elles s’occupent. Ces initiatives inventives représentent ainsi une nouvelle manière de présenter les grands enjeux humanitaires : raconter l’histoire des réfugiés, des acteurs du monde rural etc. devient un axe de communication à part entière, effectué en parallèle du lobbying classique auprès des décideurs. L’aspect participatif de ces initiatives est l’aboutissement de cette notion de partage chère à Diplomatie Digitale car ces organisations internationales parviennent ainsi à fédérer autour de leurs projets. Notons enfin une autre conséquence de cette structuration autour et grâce aux media sociaux. Comme le...

Lire la suite