CAC 40 et COP 21 : de la stratégie de la promotion à celle de l’adaptation
Nov06

CAC 40 et COP 21 : de la stratégie de la promotion à celle de l’adaptation

Diplomatie Digitale a analysé les tweets des entreprises du CAC 40 pour la COP 21. Trois types de stratégies digitales ressortent de notre analyse. L’organisation de la prochaine Conférence sur le Climat à Paris (COP 21), fin 2015, est l’occasion rêvée pour de nombreuses entreprises de communiquer sur leur action environnementale, en contribuant au financement de la conférence notamment : le budget de ces 15 jours de conférence est estimé à 187 millions d’euros. Néanmoins, le risque en participant à ce genre d’évènement est de se voir accusé de « greenwashing », comme nous avons pu le voir quand les premiers sponsors de la COP 21 ont été attaqués par des ONG. Il est donc essentiel pour les entreprises souhaitant profiter de la COP 21 pour valoriser leur engagement pour le climat de développer une communication adaptée à ces enjeux. Nous avons donc comparé la stratégie de communication  sur Twitter des groupes du CAC 40 pour valoriser leur participation à la COP 21 et les résultats obtenus par ceux-ci. Plusieurs types sont ainsi identifiables : effectuer des annonces sur la politique environnementale de l’entreprise qui seront reprises par des ONG ou des comptes institutionnels, faire appel à des salariés ambassadeurs pour amplifier la diffusion des tweets corporate… nous avons aussi pu constater que certains groupes du CAC 40 ne semblent pas avoir de stratégie arrêtée. CAC 40 et COP 21 : quelques points méthodologiques Avec l’aide du logiciel Visibrain Focus TM, nous avons analysé les tweets mentionnant la COP 21 et les entreprises du CAC 40 du 10 mai au 15 septembre 2015. Première remarque : si entre le 10/05/15 et le 09/07/15, nous avons observé 3563 mentions du CAC 40 en lien avec la Conférence sur le Climat, le total des mentions de la COP 21 sur la même période est de 257 173 – dont 42 % en français. La communication issue ou mentionnant les entreprises du CAC 40 est donc très faible en volume sur Twitter, même si ces 3563 tweets correspondent à un volume d’environ 16 millions d’impressions. Néanmoins, ce chiffre plutôt faible masque plusieurs réalités : certains groupes du CAC 40 communiquent très bien sur la COP 21, tandis que la majorité a encore du mal à se démarquer. Dans l’ensemble, la communication des entreprises du CAC 40sur les réseaux sociaux, dont certaines sont directement associées à la COP 21, a une amplitude très faible comparée à l’ensemble des discussions sur le sujet. Ensuite, entre le 19/08/15 (date où les mentions commencent à reprendre après la pause estivale) et le 15/09/15, le volume de tweet reste sensiblement le même, avec 1355 tweets. Sur l’ensemble de la période étudiée, les entreprises réagissent en effet très peu à l’actualité...

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Les réfugiés climatiques : un sujet passé inapercu sur Twitter
Avr10

Les réfugiés climatiques : un sujet passé inapercu sur Twitter

Sur Twitter, les migrations de réfugiés climatiques sont encore peu évoquées et manquent cruellement de visibilité. Dans notre étude de cas sur la Cop20, nous analysons pourquoi les experts n’arrivent pas à faire porter leur voix sur le sujet et comment les questions de migrations de réfugiés climatiques sont détournées par des groupes activistes. Plus de vingt ans se sont écoulés depuis le discours fracassant de Severn Suzuki, cette jeune fille de 12 ans qui avait réduit au silence les dirigeants du monde lors du Sommet de la Terre à Rio. Depuis cette entrée remarquée, les enjeux climatiques se sont peu à peu imposés dans la sphère médiatique au rythme des publications scientifiques alarmantes sur la dégradation de l’environnement. 1992 est aussi l’année durant laquelle a été créée la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), à la suite du Sommet de la Terre. Par la suite seront créées les COP (Conférence des parties), communément surnommées conférences pour le climat et dont Paris accueillera la 21è édition en novembre – la COP 21. En amont de la COP 21, notre analyse vise à faire une rétrospective sur la précédente conférence pour le climat, la conférence de Lima ou COP 20, et notamment sur un sujet encore trop peu abordé dans les discussions liées au réchauffement climatique : celui des migrations de réfugiés climatiques.   Notre méthodologie Les migrations climatiques sont les flux des mouvements humains qui sont liés à une catastrophe naturelle. Le terme de réfugiés climatiques ou réfugiés écologiques est généralement utilisé pour décrire les individus qui ont été dans l’obligation de se déplacer. Selon le Norwegian Refugee Council, à l’heure actuelle 22 millions de personnes ont dû quitter leurs foyers en raison de catastrophes naturelles. Un chiffre qui semble être amené à augmenter du fait des activités humaines et de la dégradation du climat. Notre analyse consiste à observer les échanges francophones et anglophones effectués via Twitter sur les migrations de réfugiés climatiques. Il s’agit aussi d’introduire une recherche plus vaste des travaux de recherche d’Emilie Chevalier sur le discours spécifique aux migrations climatiques et aux îles Pacifique, dont l’avenir reste imprécis et fait l’objet de débats. Notre premier objectif a été de comprendre comment les discussions sur les migrations climatiques se sont structurées et quels acteurs ont exercé une forte influence durant la COP 20 et ce dans le but de faire une analyse prospective. Nous avons utilisé la plate-forme d’analyse Visibrain Focus TM afin de nous renseigner sur la façon dont les internautes communiquent sur les migrations de réfugiés climatiques, comme le théorise le courant de recherche des Digital Methods initié par Richards Roger. Le choix de...

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Cas d’école: mapping de la blogosphère climato-sceptique
Avr11

Cas d’école: mapping de la blogosphère climato-sceptique

Afin d’initier l’engagement digital auprès de ses parties prenantes, les entités communicantes (entreprises, ONG, institutions etc.) doivent au préalable les identifier et les caractériser: alliés, adversaires, sympathisants, opposants et indécis. Dans quelle mesure ces types d’acteurs sont-ils favorables ou défavorables aux produits, projets ou valeurs véhiculées ? Quel est leur degré d’activité et quelles connexions existent entre elles ? En réalisant un mapping de la blogosphère climato sceptique, Amelia Sharman du Centre for Climate Change Economics and Policy et du Grantham Research Institute on Climate Change and the Environment illustre la pertinence de la cartographie, réalisée ici avec la méthodologie minutieuse d’un travail universitaire. La démarche retenue pour cet exercice consiste à 1) recueillir des données sur la blogosphère climato sceptique afin 2) d’identifier les plus importants et de 3) déterminer leurs caractéristiques principales. Pour réaliser la première partie, l’auteur a dû délimiter le périmètre retenu. En l’occurrence, il s’agit de recenser les blogs pertinents et proposant des contenus originaux, non satiriques, en anglais et en excluant les contenus de type Web 1.0 (selon Amelia Sharman, tous ces éléments constituent des biais). Elle indique pour cela s’être basée sur les 12 premières pages des résultats de la recherche « climate blog » dans WebCrawler (Google, Yahoo et Bing). A partir de cette base, les données sont enrichies en étudiant la blogroll de chaque résultat. La pertinence de chaque média est déterminée manuellement : la proportion de contenu consacrée au climat (soit par les tags, soit par l’étude des 5 premières pages du média) doit être d’au moins 50%. Dans un second temps, il convient de déterminer dans quelle mesure le contenu relève du climato scepticisme. Pour ce faire, l’auteur étudie les propos sélectionnés à l’aune de la typologie de Rahmstorf (déni du changement climatique ou reconnaissance et acceptation mais refus d’y voir des causes humaines, etc.). L’auteur précise avoir dû développer une catégorisation particulière au fur et à mesure de son étude des blogs retenus (blogs se déclarant ouvertement sceptiques ou blogs se prétendant ouverts aux confrontations et débats). La corrélation entre les blogs par la blogroll a été étudiée en utilisant le logiciel Ucinet. Au final, l’auteur dispose de ces éléments : 171 blogs retenus, 155 ouvertement climato sceptiques, 155 blogs aux auteurs caractérisables: 76 auteurs basés aux USA, 32 en Australie, 26 au Royaume-Uni, 8 au Canada etc., 7 des blogs dont l’auteur ne pouvait pas être identifié sont issus de pays non anglophones mais rédigés en anglais. La distance moyenne (géodésique) d’un blog à un autre est de 2.71 blogs. Deux éléments indiquent que ce réseau gravite autour de points centraux : L’algorithme de densité d’Ucinet indique que ce réseau n’est pas très...

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