Secteur sensible : deux stratégies digitales passées à la loupe
Fév03

Secteur sensible : deux stratégies digitales passées à la loupe

La transparence des réseaux sociaux effraie parfois les organisations liées à un secteur sensible, soumis à des impératifs de confidentialité. Pourtant, il existe des moyens d’adapter ce caractère très particulier à sa stratégie digitale.   Avant-propos : qu’entendons-nous par stratégie digitale dans un secteur sensible Il convient tout d’abord de définir le périmètre de cet article. Quand nous évoquons une stratégie digitale adaptée aux entreprises/organisations d’un secteur sensible, nous excluons l’utilisation spécifique des réseaux sociaux à des fins de recherche d’information qui aborde les réseaux sociaux en qualité de récepteur (à savoir les pratiques de veille, d’Open Source Intelligence, ou de Social Network Analysis utilisés notamment dans la lutte dans les trafics et les contrefaçons ou l’analyse des réseaux). Ici, nous nous positionnons davantage en tant qu’émetteur (le volet communication et engagement d’une stratégie digitale) : il s’agit de décrire comment un acteur d’un “secteur sensible” peut nouer ou renouer le dialogue avec ses parties prenantes alors même que sa situation lui impose une certaine confidentialité. Les longs discours théoriques ne peuvent convaincre les plus sceptiques, cet article se concentrera sur des exemples concrets issus de la sphère publique avant de les mettre en perspective avec le secteur privé.   Secteur sensible, sujets sensibles ? Qu’est-ce qu’un secteur sensible ? Arriver à une définition exhaustive est finalement assez complexe car le terme est très peu discriminant. Le secteur d’une entreprise peut ne pas être fondamentalement sensible, celle-ci peut néanmoins avoir des sujets sensibles qui touchent à son secteur (exemple : les conditions de travail dans l’industrie du textile ou de la traçabilité dans le secteur alimentaire). Toute entreprise peut ainsi se retrouver dans une situation où sa capacité à s’exprimer est  restreinte par la sensibilité d’un sujet sur son secteur. Pour autant, il existe des entreprises ou des organisations auxquelles s’imposent de fortes contraintes en termes de confidentialité, comme les entreprises du secteur de la Défense, des hautes technologies, mais aussi à des organisations étatiques soumises au secret-défense. Ce nécessaire besoin de confidentialité et de protection de l’information peut parfois jeter une image négative sur ces acteurs ou nourrir les suspicions, ce qui justifie le recours à une stratégie digitale adaptée à ces besoins. Plusieurs acteurs ont ainsi réussi à passer outre leurs contraintes pour réussir à communiquer, améliorer leurs images, combattre une situation de danger ou contrôler leurs communications.   La stratégie digitale de la CIA La CIA a fait une entrée remarquée sur le site de microblogging l’année dernière avec ses tweets décalés et son second degré. Pour un communicant comme pour n’importe quel consultant en intelligence économique, il s’agissait d’un défi de taille… que le service de renseignement a su relever...

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