Swissleaks : Twitter s’intéresse plus aux personnalités qu’aux paradis fiscaux
Fév26

Swissleaks : Twitter s’intéresse plus aux personnalités qu’aux paradis fiscaux

L’affaire Swissleaks a eu un retentissement surprenant. Mais au-delà de l’écho dans la twittosphère française, la crise a-t-elle eu une influence réelle ?   L’affaire Swissleaks, dévoilée suite à une longue enquête d’un consortium de journalistes internationaux, c’est tout d’abord près de 400 000 tweets échangés dans le monde sur le sujet en 72h après les révélations du Monde et des autres journaux partenaires (comme El Confidential en Espagne) le 8 février à 22h : Après une semaine, le total des tweets échangés collectés via le logiciel de veille Visibrain Focus TM est de 440 126. S’agissant d’une enquête internationale, la distribution par langues est intéressante : ce sont de loin les tweets espagnols (38 % du total) et français (30 %) les plus nombreux, les tweets anglais arrivant en 3ème place avec 18 % du total des tweets – pourtant bien aidés par des journaux indiens tel que l’Indian Express (l’Inde est le 3ème pays de provenance des tweets géo localisés). Pas concernés par la fraude fiscale, les anglais et les américains ? Nous en jugerons plus loin. Les communautés francophones, Gad Elmaleh et Swissleaks Un premier coup d’œil sur le tableau de bord de Visibrain Focus TM permet de tirer quelques rapides conclusions sur les Swissleaks. En France, il y a eu 131 812 tweets publiés entre le 7 et le 15 février sur les Swissleaks. Une lecture rapide des messages les plus diffusés et les termes / hashtags les plus mentionnés donne l’impression que les médias décalés tel que Le Petit Journal et Le Gorafi tirent le mieux leur épingle du jeu. Sans oublier bien entendu Le Monde qui a dévoilé le scoop avec notamment un fond de reprise très importante du cas de Gad Elmaleh : Cette tendance est confirmée par : la cartographie des comptes les plus mentionnés (qui correspond donc au “Top Mention” de Visibrain Focus TM), la taille des nœuds qui représentent les comptes Twitter dépendant ici du nombre de fois qu’ils sont mentionnés (via les liens entre eux). Au passage, un détail intéressant émerge d’une analyse plus détaillée : la communauté de @lemondefr, en vert, n’est pas celle de @gadelmaleh, en bleu clair. Cela indique que les reprises les plus nombreuses de la situation fiscale délicate de Gad Elmaleh ne semblent pas venir des tweets du Monde. En regardant simplement les volumes de tweets échangés, il aurait été facile de croire que @gadelmaleh est principalement mentionné via Le Monde, mais la cartographie nous indique que ce n’est pas le cas. Malgré un tweet très repris pour chacun d’entre eux, les communautés du Gorafi et du Petit Journal sont très éloignées du centre des discussions : leurs messages ne sont repris que par les membres...

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Comment le cybercrime manipule Google
Oct02

Comment le cybercrime manipule Google

Avec l’essor du e-commerce, le Web est devenu plus qu’un lieu d’échanges entre les entreprises et leurs parties prenantes : c’est aussi l’espace où se fait une partie significative de leur chiffre d’affaires. Les moteurs de recherche tiennent une place particulière dans ces échanges commerciaux, car ils sont bien souvent la porte d’accès des sites, qu’il s’agisse de commerce ou même d’informations. Conscients de cet état de fait, des cybercriminels ont décidé d’utiliser des techniques de référencement frauduleuses pour polluer les résultats de recherche des moteurs, infecter des sites ou des ordinateurs, afin d’écouler des produits illicites issus de la contrefaçon, de la contrebande ou encore sans autorisation légale.   Cybercrime: définir et analyser la criminalité en ligne Si la question de la vente de produits illicites en ligne n’est pas une problématique récente, la publication de la thèse de Nektarios Leontiadis, chercheur spécialisé dans le cybercrime, est l’occasion de revenir sur un sujet encore trop peu médiatisé. Intitulée “Structuring Disincentives for Online Criminals“, cette publication revient sur la question de la cybercriminalité, que le chercheur définit comme “toute activité impliquant l’utilisation d’ordinateurs et d’Internet avec l’intention de tromper quelque individu ou de vendre des marchandises illicites“, en se concentrant notamment sur la question de la vente de médicaments contrefaits et des fausses pharmacies, un trafic particulièrement inquiétant notamment pour son impact désastreux sur la santé publique. Plus globalement, la thèse donne une vision assez précise de la structure des marchés criminels en ligne et de l’économie parallèle qu’ils représentent. L’analyse, le monitoring et les dangers des trafics illicites avaient déjà été abordés dans un article précédent (voir : cartographier les trafics à l’échelle planétaire, l’exemple de l’ivoire). Cependant, l’intérêt de la thèse de M. Leontiadis tient également à son analyse très intéressante des techniques employées par les cybercriminels pour monopoliser les résultats de recherche sur des moteurs comme Google, Bing ou Yahoo – des techniques auxquelles notre département a également été confronté dans ses propres investigations.   Contrôler l’offre : l’utilisation frauduleuse du référencement Le cas spécifique des DarkNets mis à part, la vente de produits illicites passe avant tout par une visibilité accrue sur le Web. Outre le fait que les premiers résultats des moteurs de recherche sont considérés comme plus fiables par certains internautes et que les premiers résultats Google captent 30-60% des clics, le fait de monopoliser la visibilité dans les moteurs de recherche permet d’occuper le marché… et de contrôler l’offre. Pour atteindre ces objectifs très marketing, certains sites n’hésitent pas à utiliser des techniques de référencement frauduleuses ou pernicieuses (black hat SEO), dont M. Leontiadis a dressées un portrait relativement fidèle et complet lors d’un colloque. On retiendra plusieurs techniques généralement employées pour générer...

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Une cartographie dévoile les réseaux d’influence des Etats sur Twitter
Mai16

Une cartographie dévoile les réseaux d’influence des Etats sur Twitter

Cartographie et étude : A l’heure où les infographies pullulent sur les réseaux sociaux, la “data visualization” (comprendre la mise en lumière des données) est souvent cantonnée à son aspect strictement esthétique : le livrable est ainsi moins utilisé pour l’analyse de son réseau que comme moyen de véhiculer une idée. Si ce n’est pas forcément un mal, l’utilisation de cartographies des réseaux en ligne (mais aussi hors ligne) présente un double intérêt, autrement plus stratégique que celui du simple message. Les « mind maps » permettent en effet : L’évaluation pertinente d’un réseau Le développement d’une stratégie digitale pertinente Une étude de cas réalisée par le blog Exploring Digital Diplomacy permet ainsi de saisir toute la pertinence de la démarche SNA (pour Social Media Analysis), en présentant l’interaction entre les ministères des Affaires étrangères sur Twitter.   Cartographie: Quid de la diplomatie française sur Twitter? Exploring Digital Diplomacy réalise ici un travail remarquable (et probablement sans précédents). Le doctorant en charge du blog, qui s’intéresse à la diplomatie des États à l’ère digitale, a utilisé Visone pour analyser comment les ministères des affaires étrangères interagissent entre eux sur Twitter. (Source: Exploring Digital Diplomacy) En se fondant sur un échantillon de 70 ministères présents sur Twitter, l’auteur du blog a pu établir une cartographie simple et pertinente des interactions (plus il y a de flèches, plus importante est l’interaction). Trois paramètres ont guidé le bloggeur dans l’élaboration de sa cartographie : La popularité (in-degree), mesurée par le nombre de Ministères suivant un Ministère donné, (Source: Exploring Digital Diplomacy)   Le réseau (out-degree), mesuré par le nombre de contacts qu’un Ministère a avec d’autres Ministères, (Source: Exploring Digital Diplomacy)   L’entremise (betweenness), mesurée par la capacité d’un Ministère à servir de hub d’informations entre d’autres Ministères qui ne se suivent pas. (Source: Exploring Digital Diplomacy)   La fusion de ces paramètres permet de mesurer l’influence des Ministères. Plusieurs trouvailles sont dignes d’intérêt. Si, sans surprise, les Etats-Unis remportent la palme du ministère le plus suivi par ses homologues, talonné par le Royaume-Uni, la troisième place est occupée… par la Pologne ! La France n’arrive quant à elle qu’en 8ème position – c’est le seul paramètre dans lequel elle obtient un score satisfaisant. Parallèlement, le Ministère qui a le plus de contacts avec les autres est l’Islande, suivi par la Suède et Israël… Aucune puissance occidentale ne figure dans le haut du panier si on prend en compte ce paramètre. Enfin, pour ce qui est de l’entremise, on constate que la Suède, le Royaume-Uni et la Russie sont les plus grands hubs d’information pour les autres Ministères. Au regard de ces informations, le bloggeur a finalement...

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Cas d’école: mapping de la blogosphère climato-sceptique
Avr11

Cas d’école: mapping de la blogosphère climato-sceptique

Afin d’initier l’engagement digital auprès de ses parties prenantes, les entités communicantes (entreprises, ONG, institutions etc.) doivent au préalable les identifier et les caractériser: alliés, adversaires, sympathisants, opposants et indécis. Dans quelle mesure ces types d’acteurs sont-ils favorables ou défavorables aux produits, projets ou valeurs véhiculées ? Quel est leur degré d’activité et quelles connexions existent entre elles ? En réalisant un mapping de la blogosphère climato sceptique, Amelia Sharman du Centre for Climate Change Economics and Policy et du Grantham Research Institute on Climate Change and the Environment illustre la pertinence de la cartographie, réalisée ici avec la méthodologie minutieuse d’un travail universitaire. La démarche retenue pour cet exercice consiste à 1) recueillir des données sur la blogosphère climato sceptique afin 2) d’identifier les plus importants et de 3) déterminer leurs caractéristiques principales. Pour réaliser la première partie, l’auteur a dû délimiter le périmètre retenu. En l’occurrence, il s’agit de recenser les blogs pertinents et proposant des contenus originaux, non satiriques, en anglais et en excluant les contenus de type Web 1.0 (selon Amelia Sharman, tous ces éléments constituent des biais). Elle indique pour cela s’être basée sur les 12 premières pages des résultats de la recherche « climate blog » dans WebCrawler (Google, Yahoo et Bing). A partir de cette base, les données sont enrichies en étudiant la blogroll de chaque résultat. La pertinence de chaque média est déterminée manuellement : la proportion de contenu consacrée au climat (soit par les tags, soit par l’étude des 5 premières pages du média) doit être d’au moins 50%. Dans un second temps, il convient de déterminer dans quelle mesure le contenu relève du climato scepticisme. Pour ce faire, l’auteur étudie les propos sélectionnés à l’aune de la typologie de Rahmstorf (déni du changement climatique ou reconnaissance et acceptation mais refus d’y voir des causes humaines, etc.). L’auteur précise avoir dû développer une catégorisation particulière au fur et à mesure de son étude des blogs retenus (blogs se déclarant ouvertement sceptiques ou blogs se prétendant ouverts aux confrontations et débats). La corrélation entre les blogs par la blogroll a été étudiée en utilisant le logiciel Ucinet. Au final, l’auteur dispose de ces éléments : 171 blogs retenus, 155 ouvertement climato sceptiques, 155 blogs aux auteurs caractérisables: 76 auteurs basés aux USA, 32 en Australie, 26 au Royaume-Uni, 8 au Canada etc., 7 des blogs dont l’auteur ne pouvait pas être identifié sont issus de pays non anglophones mais rédigés en anglais. La distance moyenne (géodésique) d’un blog à un autre est de 2.71 blogs. Deux éléments indiquent que ce réseau gravite autour de points centraux : L’algorithme de densité d’Ucinet indique que ce réseau n’est pas très...

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