Twitter vs Facebook : la guerre du contenu – Partie 2
Sep05

Twitter vs Facebook : la guerre du contenu – Partie 2

Si on ne présente plus Twitter, temple des nouvelles fraîches et de la concision millimétrique, force est de constater que le réseau de microblogging pourrait connaître de multiples changements qui modifieraient son aspect tel qu’on le connaît. Entre la montée en puissance des robots, la complexité de son utilisation et les "dérives" de son hyper-exhaustivité, Twitter voit en une modification de sa politique de contenu une réponse à sa chute libre en bourse mais aussi une ouverture auprès d’un public moins expert… au risque de se renier ?   Vers plus de native advertising On le voit partout dans les media. Twitter veut se rapprocher de Facebook. Les raisons sont principalement financières : l’oiseau bleu est en chute libre en bourse, il lui faut trouver un moyen de reprendre son envol. Comme beaucoup, le réseau de microblogging cède donc aux sirènes du "native advertising" ou publicité native, nouvel eldorado publicitaire qui justifie son efficacité à grands coups d’études et d’articles inspirés. Car l’efficacité prouvée de cette méthode de publicité en ligne a gagné les cœurs des marques et des entreprises, qui voient dans cette nouvelle approche une façon de toucher les clients sans pour autant paraître intrusif. Twitter veut tirer profit du regain d’intérêt pour la publicité en ligne et surfer sur l’idylle en proposant plus de contenus sponsorisés. Comparaison d'impact de différentes techniques de publicité sur les réseaux sociaux pour une marque de boisson   La future mise à jour devra certainement accompagner cette tendance : si tous les tweets ne s’affichent pas automatiquement, l’intérêt pour une marque de promotionner ses messages devient plus important. Ce faisant, Twitter lâche du lest sur ses fonctions analytics et Twitter cards qui deviennent gratuites. Le message est clair : le futur de Twitter sera axé contenu ou ne sera pas.   Une révolution pro-contenu et surtout user-friendly Parallèlement, le réseau social veut être moins hermétique aux nouveaux venus et répondre aux accusations de trop plein d’informations et de complexité. La réponse à ces deux objectifs passe naturellement par un algorithme qui modifiera le fil Twitter des usagers pour en trier le contenu. Chez les afficionados, c’est la douche froide, les cris d’orfraie, les menaces de départ précipités… Cependant, quelques éléments laissent à penser que Twitter ne va pas changer du tout au tout : Pour Twitter, créer un algorithme qui ferait fuir ses usagers pour en obtenir de nouveaux est un non-sens. Le réseau social, soucieux de ne pas froisser ses usagers fidèles est aussi immanquablement conscient de l’impact décisif qu’il a auprès d’une foule de professionnels (journalistes, veilleurs, communicants…). De fait, il ne peut pas introduire un algorithme qui bouleverserait les habitudes au point de provoquer un exode ;...

Lire la suite
Comment les internautes déjouent le fichage sur le Web
Avr17

Comment les internautes déjouent le fichage sur le Web

Sur Internet, les nouvelles technologies comme le Big Data appliquées au Web social permettent un ciblage de plus en plus précis des internautes, sorte de "fichage" jugé intrusif par un nombre grandissant d’usagers. Mais face à l’avènement du profilage, les hommes ont trouvé un moyen de passer sous le radar de la machine : il suffit pour cela de penser comme l’une d’entre elles. La sociologue Zeynep Tufekci de l’université de Caroline du Nord a étudié la pertinence des analyses issues du Big Data et l’interaction qui existe entre les deux. Pour ce faire, elle s’est fondée sur les révolutions turques et la façon dont les internautes échappaient au ciblage, principalement sur Twitter. De cette analyse, elle a retenu trois techniques, avec un degré d’efficacité variable selon le réseau social utilisé.   Le "subtweet" Le subweet est une technique consistant à discuter avec une personne sans mentionner son nom explicitement. Certains internautes incorporent ainsi à dessein des fautes d’orthographe ou encore évitent de mentionner les noms d’utilisateurs (le fameux "@" sur Twitter) afin de masquer les relations directes. Le changement vous semble minime ? Détrompez-vous. Pour tout professionnel de la veille, cela peut rapidement devenir handicapant, bien qu’une recherche avancée suffise à retrouver l’information. Autre technique, évoquer des éléments de contexte pour identifier des utilisateurs. L’idée derrière cette pratique est de contrevenir à la collecte de données des GAFA (Google, Amazon, Facebook, Apple) et autres poids lourds du Web social. Il est facile d’imaginer que la pratique peut être utilisée par des activistes en ligne pour brouiller les signaux faibles.   Le "screenshotting" Une autre façon de rendre la vie dure aux algorithmes est le recours au « screenshotting ». Cette pratique consiste à incorporer une capture d’écran d’une discussion au lieu de l’associer à un lien (ce qui permettrait aux algorithmes des réseaux sociaux d’établir un « profil » de l’internaute et d’avoir recours à du marketing ciblé). Zil sesini duyup cilginca bahçeye kosan cocuklar gibiler. Oysa bu teneffüs zili. Daha alacak cok ders var pic.twitter.com/4epAKuP9z1 — Nihal Bengisu Karaca (@nibenka) 27 Décembre 2013 Exemple de screenshotting: une journaliste répond à une question par une succession de captures d'écran. Pour la machine, c’est la confusion. Pour l’algorithme, deux personnes discutent d’une photo, alors qu’en réalité, ces dernières commentent et discutent des statuts, des tweets et des commentaires liés à une discussion en particulier.   Le "hatelinking" Dernière pratique relevée par l’universitaire, le hatelinking consiste à partager un lien que l’on désapprouve, dans une optique de dénonciation ou de dissimulation. C’est un peu comme "liker" une page Facebook ou une vidéo alors qu’elle nous exaspère. L’idée est de créer du « bruit », de dissimuler les sentiments...

Lire la suite