Structuration des conversations sur Twitter : élaboration d’une nomenclature

Nous avons évoqué les 11 grandes thématiques des conversations théorisées par l’agence de communication Brunswick et qui représentent la somme globale de toutes les prises de parole : environnement, santé, sécurité, économie etc. Le volume de chaque thème peut varier en fonction de l’actualité mais la classification de ces grandes catégories reste inchangée. Récemment, c’est la structure même des conversations, notamment via Twitter, qui a été étudiée par le Pew Research Center (qui se qualifie de fact tank, tourné vers l’étude de la société américaine) et la Social Media Research Foundation (organisation également américaine, dédiée à la recherche et au traitement de données issues des media sociaux).

Les chercheurs ont utilisé le logiciel, NodeXL, de la Social Media Research Foundation, qui leur a permis de compiler des milliers de données telles que les followers, hashtags, mots clefs, noms d’utilisateurs etc. issus d’un grand nombre de conversations Twitter. Les chercheurs mettent en avant plusieurs limites afin de contextualiser leurs travaux : les données compilées sont limitées à la langue anglaise, aux tweets publics et à un certain horizon temporel. Par ailleurs, les utilisateurs de Twitter ne représentent qu’une fraction des utilisateurs d’Internet qui eux même ne représentent qu’une partie de la population. Après avoir étudié des milliers de conversations, les auteurs du rapport mettent en lumière six structures conversationnelles relativement récurrentes :

  • Divisées: deux groupes sont opposés sur un sujet commun. Chaque groupe est uni mais ne vas pas forcément chercher la discussion avec l’autre groupe. Ex : discussions politiques, économiques etc. Les deux groupes ont leurs propres sources d’information, utilisent des hashtags spécifiques, etc.,
  • Unifiées : les membres de cette communauté sont fortement liés entre eux et peu de ses membres se retrouvent isolés. Ex : discussions professionnelles, sur des hobbies type sport, musique etc. Les références informationnelles sont communes et partagées,
  • Fragmentées : les individus prenant la parole dans ce type de discussions sont tournés vers un sujet commun mais ne s’adressent que peu la parole entre eux. Ex : discussion sur une célébrité, une marque etc. Plus le volume de conversations sur un tel sujet est important, moins les commentateurs sont connectés entre eux car trop ventilés,
  • Groupées : discussions sur des sujets qui favorisent l’émergence de petites communautés indépendantes. Ex : discussions sur des éléments locaux, ou sur des subdivisions de sujets plus importants. Ces communautés dispersées ont leurs propres sources d’information,
  • Tournées vers la diffusion : discussions principalement composées de retweets, les acteurs de ces conversations n’ont pas beaucoup d’interactions entre eux. Ex : retweets d’informations issues des media fortement suivis. Ce genre de structure forme une sorte de caisse de résonnance et favorise une large diffusion des informations primaires,
  • Favorisant l’attraction : discussions au cours desquelles les prises de paroles sont dirigées vers un unique interlocuteur. Ex : comptes twitter de grandes marques ou services ayant pour vocation l’interaction avec la clientèle. Le succès de tels comptes réside dans leur capacité à attirer les conversations les impactant.

six structures twitter conversation networks

Ce travail de catégorisation est notamment utile pour étudier le comportement des internautes et leur manière de s’organiser pour prendre la parole et réagir à une information, une marque ou encore un produit. Il montre également que, plutôt que de parler de révolution dans la structure des communications, il convient davantage d’évoquer l’adaptation de ces modèles aux outils sociaux de communication. En effet, et bien que ces outils permettent l’émergence de nouvelles formes d’influences, parfois construites ab nihilo, les institutions et personnalités traditionnelles transposent dans les réseaux sociaux leur empreinte existante. Enfin, les auteurs du rapport tiennent à préciser que ces archétypes ainsi théorisés se retrouvent davantage sous une forme hybride dans la réalité. Par exemple, une communauté unifiée peut bénéficier d’éléments favorisant la diffusion des informations qui en émanent. Quoi qu’il en soit, ce type de travail permet de conceptualiser l’organisation de l’influence d’une thématique donnée.

 

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