Diplomaties digitales humanitaires : connecter pour fédérer

Dans un précédent article, nous expliquions que les réseaux sociaux ne sont pas une fin en soi. Nous avions mis en avant certains effets pervers en montrant notamment que le succès quantitatif (likes, followers, vues etc.) d’une campagne de communication concernant une œuvre de charité ne signifie pas l’engagement réel de l’audience captée et peut même être contreproductif : l’appel au don est peu optimal quand il est réalisé dans le monde virtuel.

Nous avons toujours considéré les réseaux sociaux comme des moyens de tisser des liens, de les transformer en ponts solides et inscrits dans la durée entre des entités, des communautés aux caractéristiques propres et aux intérêts parfois divergents. Car la véritable finalité des axes de communications ainsi créés est de véhiculer un contenu qualitatif formalisant ainsi l’échange et l’enrichissement mutuel. Notons par ailleurs que ces deux notions sont intrinsèquement liées ; c’est en suscitant l’intérêt que les espaces d’échanges croissent et se renforcent.

Cette approche est particulièrement bien appréhendée par Beth Kanter, très grande spécialiste de l’utilisation des media sociaux par les entités à but non lucratif. Parmi ses nombreuses activités, Beth enseigne au sein du Monterey Institute of International Studies les différents moyens d’utiliser les réseaux et les media sociaux pour éduquer et impacter sur les grandes thématiques des organisations internationales (ceci fait d’ailleurs écho à notre précédente publication dans laquelle nous exposions les grandes lignes de la structuration des discussions digitales qui incluent notamment les thématiques chères à Beth : microfinance, droits de l’Homme etc.).

Le constat est simple : la pénétration d’Internet et des réseaux sociaux permet de toucher un nombre toujours plus important de communautés (démographiques, géographiques etc.). Pour une organisation internationale, cela signifie que ses propos deviennent d’une part plus audibles, plus accessibles mais qu’ils peuvent en outre être véhiculés vers une audience élargie (autres ONG, citoyens, journalistes, politiciens, universitaires, législateurs etc.).

Au-delà des promesses quantitatives d’une population connectée croissante et élargie, Beth précise que les organisations internationales les plus à même de susciter l’intérêt sont celles qui utilisent ces media sociaux pour véhiculer un storytelling intelligent, pertinent et surtout humain. Ces entités mettent en scène les gens et les communautés dont elles s’occupent. Ces initiatives inventives représentent ainsi une nouvelle manière de présenter les grands enjeux humanitaires : raconter l’histoire des réfugiés, des acteurs du monde rural etc. devient un axe de communication à part entière, effectué en parallèle du lobbying classique auprès des décideurs. L’aspect participatif de ces initiatives est l’aboutissement de cette notion de partage chère à Diplomatie Digitale car ces organisations internationales parviennent ainsi à fédérer autour de leurs projets.

Notons enfin une autre conséquence de cette structuration autour et grâce aux media sociaux. Comme le fait remarquer Beth, la masse des interactions numériques ainsi générées entre ces différents acteurs peut être utilisée, une fois analysée, par les gouvernements et les « policymakers » pour améliorer leur compréhension de la Société et par ce moyen, optimiser l’efficience des actions politiques.

 

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