Des robots pour soutenir #jesuisparisienne ?
Sep09

Des robots pour soutenir #jesuisparisienne ?

Le bad buzz relatif au hashtag #jesuisparisienne aura fait couler beaucoup d’encre… Au risque d’occulter des aspects plutôt étranges liés à la viralité du buzz. Notamment le fait qu’une part (certes faible) du trafic a été alimentée… par des robots. Le 25 août 2014 en fin d’après-midi, un tweet de @zeparisienne, auteure du blog “The Parisienne “, s’insurge contre Le Parisien, qui l’assigne en justice pour avoir utilisé comme nom de blog un intitulé trop proche de sa marque protégée “La Parisienne”, qui correspond à un magazine du quotidien. @ze_parisienne maitrise très bien les codes de Twitter, et a immédiatement utilisé un hashtag dédié pour sa “campagne” #jesuisparisienne. L’idée étant de fédérer autour d’elle pour dénoncer la protection jugée abusive de la marque “La Parisienne”, et le caractère procédurier du Parisien. Une pétition de soutien avec plusieurs milliers de signatures a d’ailleurs été lancée. Avec près de 15 000 tweets sur le sujet en 48h, @le_parisien a bien été forcé de répondre, même si tous les twittonautes ne soutenaient pas @zeparisienne. Dans tous les cas, un contact a été établi après cette “démonstration de force” de @zeparisienne, qui a réussi un très joli buzz sur cette affaire. Nicolas Vanderbiest a ainsi réalisé une très intéressante analyse de la propagation de ce bad buzz, qui est pour ainsi dire un cas d’école sur le sujet. Nous vous invitons vivement à lire son article d’ailleurs, très complet et didactique, une référence du genre ! Détection d’une anomalie dans les tweets #jesuisparisienne La présente analyse s’intéresse à une anomalie, repérée via la cartographie de l’ensemble des tweets sur le sujet qui ont été envoyés dans les premières 48h.  En utilisant le logiciel Gephi, après extraction des données via Visibrain, on obtient une carte représentant les liens de mentions autour de #jesuisparisienne, la taille des nœuds (qui représentent les comptes Twitter) étant fonction du nombre de fois qu’ils sont mentionnés (RT ou cités) par d’autres twittonautes. Les couleurs sont attribuées en fonction de la proximité des comptes Twitter détectés par le logiciel : un groupe de twittonautes qui va discuter d’un sujet, ou un ensemble de comptes isolés qui reprennent le même tweet vont former une communauté. Si, logiquement, @zeparisienne et @le_parisien se détachent du lot, on constate qu’un compte Twitter (que nous baptiserons “Mr XFr”) semble également être beaucoup repris. Néanmoins, la communauté auquel il appartient (en vert clair) apparait plutôt isolée par rapport aux autres. Comprenez par cela que sa communauté est composée de comptes Twitter individuels qui ont tous repris un ou plusieurs de ses tweets, sans pour autant interagir entre eux. Pour vérifier cette hypothèse, on va effectuer un calcul de proximité : Gephi peut...

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Entreprises : le dilemme de l’innovation
Sep03

Entreprises : le dilemme de l’innovation

Le sujet de la technologie de rupture, ou d’innovation disruptive,  a été massivement médiatisé ces derniers mois aux Etats-Unis. A l’origine se trouve un article intitulé “The Disruption Machine” de Jill Lepore, publié en Juin 2014 par le magazine le New Yorker.  Cette professeure d’histoire à Harvard revient sur la théorie de la “disruptive innovation” fondée par Clayton Christensen dans les années 90, et depuis largement diffusée et adoptée dans le monde. Elle en fait une véritable critique, montrant la faiblesse des exemples empiriques de Christensen pour prouver le bien-fondé de sa théorie, et insiste sur le manque de clarté de sa définition.   Christensen, également professeur à Harvard, lui a par la suite répondu dans une interview  où il qualifie l’article de la chercheuse comme étant  un “acte criminel de malhonnêteté “. Ces désaccords ont en tout cas eu le mérite de relancer le débat aux Etats-Unis sur ce concept de l’innovation disruptive ou technologie de rupture, certains prenant partie pour un côté ou un autre, d’autres se félicitant que l’article permette à la théorie d’évoluer en se heurtant à de nouveaux obstacles. Mais alors, qu’est-ce que la technologie de rupture ? Est-elle considérée comme un objectif par les entreprises ? Faut-il s’en méfier ? Retour sur une notion controversée.   Une querelle d’universitaire : la notion d’innovation disruptive en question   En 1997, Clayton Christensen sort son plus célèbre ouvrage : The Innovator’s Dilemma.  Sa théorie soutient que les compagnie “établies” sur le marché, c’est-à-dire les plus puissantes et influentes, proposant services ou produits, agissent de façon rationnelle et peu risquée de façon à rester à leur niveau mais qu’elles se rendent de cette façon plus vulnérables. De nouveaux acteurs peuvent en effet à tout moment proposer une nouvelle innovation technologique moins chère et plus efficace, qui à terme, finit par remplacer le produit ou service en question. Dans ce cas, il s’agit d’une technologie de rupture, ou innovation disruptive. Le dilemme de l’innovateur étant que dans bien des cas, rechercher à faire ce qui est bien pour l’entreprise, se révèle finalement mauvais (“Doing the right thing is the wrong thing”). Il faudrait parfois savoir suivre des chemins plus périlleux plutôt que de continuer à faire ce que l’on fait bien. On peut citer comme exemple les moteurs à combustion, qui finirent par supplanter le cheval dans les moyens de locomotion ou la photographie numérique qui s’est substituée à la photographie argentique (même si cette dernière continue à avoir une importance indéniable dans le milieu de l’art par exemple). L’innovation disruptive ne vient par ailleurs pas forcément répondre aux besoins des clients. Henry Ford disait à juste titre que s’il avait consulté ses clients, ils lui auraient demandé...

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Twitter vs Facebook: la guerre du contenu – Partie 1
Août22

Twitter vs Facebook: la guerre du contenu – Partie 1

Un nouveau chapitre est lancé dans la guerre entre Facebook et Twitter : celui de la guerre de l’information. Les réseaux sociaux, en concurrence pour le cœur des marques depuis quelques années, voient progressivement leurs routes diverger. L’un propose des informations parcellaires mais censées répondre aux attentes d’une communauté (Facebook). L’autre se targue d’une certaine forme d’exhaustivité, mais peut être difficile à utiliser et rend parfois le partage très complexe (Twitter). Demeure une question : quels réseaux et quelle stratégie pour quelles entreprises ? Partie 1 : La métamorphose de Facebook Le premier volet de cet article (en deux parties) se concentrera sur Facebook, qui a indubitablement connu une mutation plus profonde que Twitter. Au départ, Facebook était un réseau social censé connecter entre eux les utilisateurs (proches, amis, étudiants de la même promotion…). Le modèle économique de ce dernier se fondait alors sur l’utilisation de publicités ciblées, qui s’inséraient à l’intérieur même de notre fil d’actualité ou en marge du « mur » (c’est toujours le cas de nos jours). Pourtant, bien qu’il dispose d’une base solide de près d’un milliard d’utilisateurs, l’échec de la publicité sur Facebook fut sans appel – General Motors décida d’ailleurs en 2012 d’y mettre un terme. Chute de l'organic reach de Facebook Mais la descente aux enfers de Facebook ne s’arrête pas là. De l’aveu même des équipes dirigeantes, il y a eu une baisse substantielle de l’organic reach en 2014, ce que les digital gurus appelleront coquettement la "Reachpocalypse". L’ organic reach, c’est le nombre de personnes qu’une publication sur une page donnée peut atteindre de façon naturelle, sans avoir à payer quoi que ce soit. Déterminant dans la viralité du contenu, celle-ci s’est tellement effondrée en 2014 (en partie du fait de la politique de Facebook d’ailleurs), que l’intérêt de posséder une page pour Facebook a été remis en question pour de nombreuses entreprises. En réponse, le réseau a graduellement "muté" afin de trouver un modèle économique stable qui lui permettrait d’exploiter sereinement sa base utilisateurs et surtout, faire face à l’exode massif des jeunes (Américains et Européens) vers des plateformes plus « branchées » : SnapChat, Kik, WhatsApp, Youtube… ou la messagerie texte tout simplement !   Une nouvelle stratégie qui tient en deux mots : buzz et contenu Face au risque de devenir le nouveau Myspace (c’est-à-dire un réseau social vieux, obsolète, délaissé…), Facebook a changé radicalement son fusil d’épaule. Il ne va plus être cette plateforme qui connecte des gens mais celle qui connecte du contenu « personnalisé ». Un objectif clairement assumé que le mastodonte de la Silicon Valley présente en ces termes dans son nouveau statut (version américaine) : « La mission de Facebook est de donner aux gens le...

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Art digital et entreprises : un potentiel à explorer ?
Août07

Art digital et entreprises : un potentiel à explorer ?

Les entreprises de nouvelles technologies ne ménagent pas leurs efforts pour mobiliser et sensibiliser de nouvelles audiences à leurs innovations. La compagnie sud-coréenne LG Electronics sponsorise un concours artistique américain nommé  The Art of the Pixel afin de promouvoir leur Ultra HD 4K  (une qualité d’image bien supérieure à la haute définition que l’on retrouve actuellement sur le marché). L’objectif de ce dernier est de départager les meilleures œuvres d’art digitales d’étudiants américains, créées dans le but d’être diffusées sur ces télévisions très haute définition. On entend par œuvre d’art digitale ou numérique une création d’artiste utilisant le digital et son langage pour produire une œuvre dont la voie de diffusion sera par conséquent numérique.  Les œuvres digitales reconnues vont de l’image créée par ordinateur à l’installation 3D.   The Art of the Pixel invite donc les étudiants américains de plus de 17 ans des universités sélectionnées  à participer à ce concours exceptionnel, qui leur permettra entre autres de voir leurs œuvres d’art diffusées lors d’une grande soirée organisée par LG à  l’automne prochain. En dehors de ces récompenses matérielles, participer à ce concours est l’opportunité pour eux de s’exercer sur des toiles digitales de résolution exceptionnelle (plus de 8 millions de pixels). C’est également pour eux l’occasion  de mettre en valeur le plus fin détail de leur œuvre, et d’obtenir un résultat visible à l’œil nu mais aussi d’avoir à leur disposition une palette de couleur infinie. Les nouvelles technologies ne sont plus alors seulement un moyen de diffusion mais deviennent un moyen de production de l’art.   Birth of the Viractual the Joseph Nechvatal, une œuvre réalisée à l’ordinateur puis retranscrite sur toile. Une œuvre digitale qui imite la peinture classique.   En quoi cette campagne et cette implication  dans l’art digital de LG Electronics  peuvent-elle retenir notre attention ? Tout d’abord, The Art of The Pixel donne de la visibilité aux nouvelles « toiles » des artistes. Pendant des siècles, la toile tendue sur un châssis, posée sur un chevalet puis encadrée dans un musée fut le media dominant dans le domaine de l’art. Au XXème siècle, et avec l’arrivée d’artistes tel que Duchamp sont apparues de nouveaux moyen d’expression moins conventionnels : l’installation, la performance, ou encore le Street Art. Aujourd’hui les artistes prennent possession d’un nouveau champ d’expression : le digital. Il faut par conséquent trouver des moyens de conserver et de rendre accessible au public ces œuvres.  Certains entrepreneurs surfent sur cette vague aux Etats-Unis ou au Japon, en créant des cadres digitaux (ou digital framing) disponibles à la vente, moyen d’introduire l’art créé sur ordinateur au sein des lieux d’exposition classiques mais aussi de séduire des acheteurs...

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Comment défendre sa réputation : une question de confiance
Juin26

Comment défendre sa réputation : une question de confiance

Avoir une bonne réputation est-elle une fin en soi ? Bien que nous pensons qu'il soit indispensable pour une entreprise de tout mettre en oeuvre pour avoir la meilleure réputation possible, la réputation ne reste qu'un "moyen" et non un "objectif". Derrière les enjeux de réputation apparaîssent un objectif vital : la "confiance". La confiance est au coeur de l'ensemble des relations qui rythment les sociétés : confiance dans l'entreprise pour y investir, dans ses produits pour les acheter, dans ses valeurs pour y adhérer, dans ses collaborateurs et partenaires pour y travailler… Au-delà de la réputation, c'est bien la confiance que doivent gagner les entreprises auprès de leurs parties prenantes. La revue Constructif nous a sollicités pour participer à son dernier numéro traitant de la "Criminalité économique : quelles parades ?" (n° 38 – juillet 2014) . Il s'agissait d'aborder les atteintes à la réputation des entreprises et comment ces dernières peuvent s'en prémunir. Il convient de saluer la vision globale de cette revue qui aborde les risques de l'entreprises sous de nombreux angles complémentaires. Lire l'article complet Défendre sa réputation : une question de confiance ​Vous souhaitez nous consulter pour plus d’information ? Cliquez...

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Ce qu’il faut apprendre de la stratégie digitale de l’EIIL
Juin23

Ce qu’il faut apprendre de la stratégie digitale de l’EIIL

Le sujet sort un peu de notre cadre d’analyse. Mais son caractère inattendu a néanmoins attiré notre attention. L’actualité récente foisonne sur l’avancée inquiétante de l’Etat Islamique en Irak et au Levant (EIIL), le groupe armé djihadiste qui souhaite s’emparer de l’Irak. Ce que l’on sait moins, c’est que les miliciens ont désormais une stratégie digitale, ayant recours à l’utilisation de tactiques d’engagement et de diffusion de masse qui n’ont rien à envier aux spécialistes. Nous n’avons pas la prétention d’aspirer à une analyse géopolitique de cette situation complexe. En revanche, les méthodes utilisées sur les réseaux sociaux par l’EIIL sont riches en enseignements tactiques pour n’importe quel consultant en stratégie digitale, expert en intelligence économique ou directeur de la sécurité d’une grande entreprise, qu’elle soit basée dans un pays à risque ou confrontée à un mouvement social d’une extrême violence.   Une application pour se libérer des mesures anti-spams « L’avancée d’une armée était auparavant rythmée par le son des tambours. Aujourd’hui, elle est marquée par les salves des tweets. » Cette phrase est à attribuer au journaliste de The Atlantic J.M. Berger qui a été le premier à décrire la stratégie digitale offensive de l’EIIL. Par la suite, Libération s’est inspirée de cet article pour l’inscrire dans une vision globale, et le quotidien reviendra autant sur une utilisation classique des réseaux sociaux (campagne hashtags, diffusion de photos) que sur les moyens iconoclastes qui permettent à l’EIIL de faire passer ses messages. Au cœur de ces techniques, la mise en place d’une application "The Dawn of Glad Tidings" (L’aube de la Bonne Nouvelle) ou plus sobrement "The Dawn". Cette application particulièrement intrusive utilise individuellement le compte Twitter des usagers pour relayer des messages et passer outre les mesures de spams de Twitter. De sorte que durant la dernière offensive de l’EIIL, plus de 40,000 tweets furent publiés en seulement deux heures. On ne reviendra pas sur le développement de cette application. On sait désormais que le groupe djihadiste fait partie des groupes armés les plus riches du monde. En tant que tel, ce dernier a certainement des moyens de R&D considérables – ce qui explique la possibilité de mettre en place une telle application voire une cellule dédiée au digital.   Nombre de tweets publiées grâce à l'application de l'EIIL sur une période de deux heures (crédit J.M. Berger) Influencer les tendances, stimuler ses membres L’application développée par l’EIIL a permis au groupe armé de concentrer des tweets épars en un seul feu nourri. L’utilisation qu’elle fait de cet outil lui permet d’atteindre trois objectifs tactiques : Une visibilité plus forte Une valorisation de ses hashtags Une influence des trending topics...

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