Art digital et entreprises : un potentiel à explorer ?
Août07

Art digital et entreprises : un potentiel à explorer ?

Les entreprises de nouvelles technologies ne ménagent pas leurs efforts pour mobiliser et sensibiliser de nouvelles audiences à leurs innovations. La compagnie sud-coréenne LG Electronics sponsorise un concours artistique américain nommé  The Art of the Pixel afin de promouvoir leur Ultra HD 4K  (une qualité d’image bien supérieure à la haute définition que l’on retrouve actuellement sur le marché). L’objectif de ce dernier est de départager les meilleures œuvres d’art digitales d’étudiants américains, créées dans le but d’être diffusées sur ces télévisions très haute définition. On entend par œuvre d’art digitale ou numérique une création d’artiste utilisant le digital et son langage pour produire une œuvre dont la voie de diffusion sera par conséquent numérique.  Les œuvres digitales reconnues vont de l’image créée par ordinateur à l’installation 3D.   The Art of the Pixel invite donc les étudiants américains de plus de 17 ans des universités sélectionnées  à participer à ce concours exceptionnel, qui leur permettra entre autres de voir leurs œuvres d’art diffusées lors d’une grande soirée organisée par LG à  l’automne prochain. En dehors de ces récompenses matérielles, participer à ce concours est l’opportunité pour eux de s’exercer sur des toiles digitales de résolution exceptionnelle (plus de 8 millions de pixels). C’est également pour eux l’occasion  de mettre en valeur le plus fin détail de leur œuvre, et d’obtenir un résultat visible à l’œil nu mais aussi d’avoir à leur disposition une palette de couleur infinie. Les nouvelles technologies ne sont plus alors seulement un moyen de diffusion mais deviennent un moyen de production de l’art.   Birth of the Viractual the Joseph Nechvatal, une œuvre réalisée à l’ordinateur puis retranscrite sur toile. Une œuvre digitale qui imite la peinture classique.   En quoi cette campagne et cette implication  dans l’art digital de LG Electronics  peuvent-elle retenir notre attention ? Tout d’abord, The Art of The Pixel donne de la visibilité aux nouvelles « toiles » des artistes. Pendant des siècles, la toile tendue sur un châssis, posée sur un chevalet puis encadrée dans un musée fut le media dominant dans le domaine de l’art. Au XXème siècle, et avec l’arrivée d’artistes tel que Duchamp sont apparues de nouveaux moyen d’expression moins conventionnels : l’installation, la performance, ou encore le Street Art. Aujourd’hui les artistes prennent possession d’un nouveau champ d’expression : le digital. Il faut par conséquent trouver des moyens de conserver et de rendre accessible au public ces œuvres.  Certains entrepreneurs surfent sur cette vague aux Etats-Unis ou au Japon, en créant des cadres digitaux (ou digital framing) disponibles à la vente, moyen d’introduire l’art créé sur ordinateur au sein des lieux d’exposition classiques mais aussi de séduire des acheteurs...

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Messagerie mobile: la publicité passera-t-elle par les robots ?
Août05

Messagerie mobile: la publicité passera-t-elle par les robots ?

Incarner une marque a toujours été le défi et l’objectif ultime d'une entreprise. On entend souvent dire que celles-ci se doivent avoir une identité, une culture, des valeurs… Des traits profondément humains, finalement. Derrière le concept, un défi : incarner, dans son action et dans sa communication, une certaine idée de l’entreprise. Ce challenge semble aujourd’hui à portée de main avec l’avènement de robots intelligents capables… de converser avec des humains. La montée en puissance d’intelligences artificielles de plus en plus autonomes met à portée de main le vieux rêve de communicant d’une marque incarnant les valeurs de l’entreprise : la publicité de demain passera-t-elle par les robots ?   Le recours aux robots, une tendance de fond Nous parlions il y a peu des mutations profondes qu’engendrera l’avènement des robots sur les réseaux sociaux pour les professions liées au numérique. Jusqu’à présent, nous les savions capables d’échanger sur Twitter ou d’écrire des articles plus ou moins complexes à la façon d’un journaliste (l’Associated Press confie depuis peu la rédaction de dépêches à des robots). Mais ces nouvelles technologies ont aussi réussi à investir des champs où on ne les attendait pas spontanément : c’est le cas des applications mobiles. Alors que le secteur des applications de discussion instantanée s’impose comme l’un des futurs moteurs de croissance des réseaux sociaux (il suffit de voir les montées en flèche de WhatsApp, Messenger, Kik ou encore Lime), les stratégies à adopter pour ces nouvelles plateformes ne semblent pas encore totalement rodées. Vouloir occuper ce nouvel espace de discussion semble légitime pour une marque, mais comment y parvenir sans pénétrer l’intimité des usagers ? C’est en cherchant à résoudre ce dilemme que Kik, la messagerie mobile la plus utilisée par les adolescents américains (4 adolescents américains sur 10 l’utiliseraient) a choisi de développer des robots évolués dont la "personnalité" et les propos "incarnent" la marque. Mieux encore, ces bots ne sont pas simplement capables d’interagir avec des humains, ils peuvent aussi apprendre à leur contact. Autrement dit, plus le robot échangera avec des humains, plus il acquerra un vocabulaire de niche qui collera de façon pertinente au secteur. Le fondateur de Kik, Ted Linvingston, a pris le temps d’expliquer plus précisément au Wall Street Journal ce qu’ils sont aujourd’hui capables de faire. Kik a développé deux types de robots : Ceux réservés aux entreprises, moins autonomes et se contentant d’une promotion automatique des produits de la marque. L’objectif étant d’éviter au maximum une « crise » sur des applications mobiles encore mal maîtrisées, tant que la technologie n’est pas mature. Le prototype de KikT ; celui-ci, beaucoup plus évolué, est capable de faire des plaisanteries, de manier l’ironie et le...

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« Le choc des photos » version 2.0 : du consommateur à l’acteur
Juil16

« Le choc des photos » version 2.0 : du consommateur à l’acteur

De grands yeux verts, un voile lui couvrant la tête, une expression figée, marquante. Vous vous souvenez certainement de cette photo d’une petite fille Afghane prise par Steve McCurry. Aux Etats-Unis, cette photographie est d’ailleurs une des plus rapidement reconnues par les Américains. L’impact que peut avoir une bonne image est en effet considérable. La petite fille afghane de Steve McCurry   En France, Paris Match a fait sa réputation dans les années 1950 en proposant des reportages photos exclusifs : images de guerre, scoops « people »…, etc. La ligne éditoriale couvrait un large choix de sujets,  seul primait un objectif : apporter l’exclusivité par l’image, fidèle à la devise de l’hebdomadaire « le poids des mots, le choc des photos ». Sur Internet, le poids des images est également conséquent : selon une étude récente conduite par ROI Research, 44% des consommateurs seront plus enclins à s’engager avec  une marque (« liker » une page, mettre un commentaire, partager un contenu) en présence d’une illustration. Cette dernière n’est pas nécessairement une photographie mais peut aussi prendre la forme d’une infographie, d’un schéma, d’un histogramme…Une chercheuse Américaine, dans une très intéressante étude sur les images et les réseaux sociaux, montra qu’en postant régulièrement des articles sur la page Facebook du MIT, elle obtenait un taux de réponses et d’engagement bien plus forts avec les posts accompagnés d’images : en effet, sur le top 20 des articles les plus commentés et partagés, 70% comportaient une photo. Les marques séduisent par l’image Aujourd’hui, environ 500 millions d’images sont partagées chaque jour sur Internet. Sur Instagram, ce sont 60 millions de photos qui sont mises en ligne chaque jour dans le monde, et plus de 1,6 milliard de likes récoltés ! Les marques se sont très vite emparées de ce créneau, en comprenant l’impact que pouvait avoir les réseaux sociaux et notamment l’engagement des internautes autour de leur marque. En effet, si obtenir d’un internaute qu’il écrive une critique positive d’un produit n’est pas chose aisée, un utilisateur Instagram partagera volontiers une photo de lui avec un produit qu’il aime. Une opportunité marketing hors pair qu’ont su saisir certaines marques en développant des campagnes digitales intégrant l’image comme outil à part entière. Des campagnes à succès centrées sur l’expérience des utilisateurs C’est le cas de Lululemon, une marque de vêtements de yoga, avec sa campagne #TheSweatLife, lancée en 2012. Les utilisateurs Instagram étaient invités à partager des photos d’eux portant des vêtements LululeMon avec le hashtag #TheSweatLife. Les images étaient ensuite directement diffusées sur le site Internet du groupe. Il affirme avoir augmenté ses ventes de façon conséquente grâce à #TheSweatLife, montrant ainsi l’impact des campagnes sur l’image et l’engagement des consommateurs...

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Pourquoi les marques ciblent systématiquement les femmes sur le Web ?
Juil03

Pourquoi les marques ciblent systématiquement les femmes sur le Web ?

Procter & Gamble, Always, Perrier… Qu’il s’agisse de campagnes visant à promouvoir l’identité féminine ou, au contraire, jouant sur des concepts sexistes ou graveleux, les femmes sont souvent la « cible » des marketers de tous poils. La ménagère de moins de 50 ans aurait-elle fait sa transformation numérique ? La ménagère de moins de 50 ans : un concept inadapté ? Autres temps, autres mœurs. Le concept de ménagère de moins de 50 ans, inventé dans les années 60, désignait ces femmes au foyer qui étaient les véritables « maîtresses de maison » et donc les chefs de budget. Propulsée par une déferlante de pubs plus ou moins sexistes, ou tout simplement terre à terre, vantant tour à tour tel réfrigérateur ou tel lave-vaisselle, la notion a longtemps fait les choux gras des publicitaires. Elle n’en demeure pas moins floue car trop discriminante, car elle englobe en son sein une population très large et hétéroclite de femmes. Mais derrière le concept, c’est aussi un travers de publicitaire particulièrement tenace qui a poussé, peu ou prou, le marketing à cibler de façon presque systématique cette catégorie bâtarde. A tort ? Pas totalement. Comme l’indique Aurora David, directrice de l’agence publicitaire My Media dans une interview très éclairante pour Europe 1, le concept de ménagère de moins de 50 ans répond à une réalité : les femmes sont très majoritairement celles qui achètent le plus. Peut-on en dire autant sur le Web social et parier sur la naissance d’une ménagère 2.0 ? Les femmes sont-elles celles qui font tourner les réseaux sociaux ?   Les femmes, nouvel eldorado des marques Ultra-sollicitées, les femmes sur les réseaux sociaux ? Apparemment oui, si l’on se réfère à cette liste de campagnes « virales » qui ont fait le tour du Web ces dernières années. Procter and Gamble: hardest job in the world (2012) Dove: Real beauty sketches (2013) Protecter and Gamble: Pick them back up (2014) Always: #LikeAGirl (2014) Et la liste est encore longue : Google : Made with Code (2014), Verizon : Inspire her mind (2014), etc. La structure est souvent la même : réalisation léchée, musique instrumentale et profonde, presque mélancolique, femmes de tous horizons et de toutes nationalités… Le storytelling varie également très peu. Généralement segmentée en deux parties, la vidéo va présenter une vérité établie, des moments de vie quotidiens, avant d’aboutir à la révélation finale, sorte d’eye opener qui en formera l’apothéose (en ce sens, elle respecte la structure narrative la plus classique… des blockbusters !). La transition entre ces deux moments peut être progressive, de l’enfance à l’âge adulte (Procter & Gamble, Made with Code, Verizon), ou au contraire brutale (Dove, LikeAGirl), selon l’émotion que l’on cherche à provoquer (la nostalgie, la révolte…). Ce mouvement s’est...

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Slacktivisme : YesAllWomen vs BringBackOurGirls, deux campagnes bien différentes
Juin05

Slacktivisme : YesAllWomen vs BringBackOurGirls, deux campagnes bien différentes

Le mois dernier, deux campagnes de slacktivisme – le fait de marquer son soutien à une cause par des publications sur les réseaux sociaux – ont fait l’actualité en atteignant un rare degré de viralité. Mais si #YesAllWomen et #BringBackOurGirls ont des éléments en commun (Twitter comme vecteur principal, thématique de la violence faite aux femmes…), l’erreur serait de confondre des causes et des effets bien distincts.   Slacktivisme : #YesAllWomen : une campagne apparemment spontanée #YesAllWomen est un mouvement ad hoc né à la suite de la fusillade de Santa Barbara. Pour répondre à la publication d’un manifeste misogyne et d’une vidéo où Elliot Rodger, le suspect présumé, se met en scène, des femmes ont décidé de se mobiliser contre les violences, d’ordre moral, physique ou sexuel, que subissent les femmes au quotidien. Tout a commencé avec l’invention du hashtag #YesAllWomen. L’internaute à l’origine de celui-ci est a priori inconnue, mais l’association de deux influenceuses à son Tweet (Anni Cardi et Kayleigh Anne) a donné lieu à un effet boule de neige.   @gildedspine @Ceilidhann Sounds like something that needs to get shared right now. #YesAllWomen — annie cardi (@anniecardi) 24 Mai 2014 Outre l’appui de ces leaders d’opinion, on peut légitimement arguer que le mouvement a aussi bénéficié de l’aide de deux communautés dynamiques et très actives sur les réseaux sociaux : la communauté féministe et la mosaïque des communautés anti-armes à feu (que nous avions déjà étudiée dans une publication précédente). Cependant, l’appui d’influenceurs et de communautés actives, deux critères fondamentaux dans la viralité d’une publication sur les réseaux sociaux, n’ont servi qu’à donner une impulsion au mouvement. Le succès de ce dernier réside ailleurs. L‘explosion de #YesAllWomen viendra dans un second temps. Rapidement, le hashtag va déclencher une vague apolitique et anonyme dépassant la question de la tuerie de San Barbara. En moins de quatre jours, elle a atteint les 1,2 millions de Tweets – le tiers de ce qu’a réalisé #BringBackOurGirls en deux mois. Ainsi, un nombre important de femmes sur Twitter vont tour à tour s’exprimer de façon personnelle et intime sur leurs quotidiens. La vague, multipliée par une large domination des femmes sur les réseaux sociaux, a donné lieu à un moment de rare spontanéité qui révèle les violences, ouvertes ou pernicieuses, subies par la gent féminine. L’impact du mouvement sur la presse américaine est radical. Le volume d’articles relatifs à ce simple hashtag est gigantesque (une simple recherche Google devrait vous en convaincre). Certes, une contre-campagne (#NotAllMen) s’est organisée mais a paradoxalement aidé à propulser #YesAllWomen davantage en alimentant un débat. Certains ont reproché en parallèle à #YesAllWomen de ne pas se concentrer suffisamment...

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Digital storytelling : optimiser l’émotion d’un message
Avr18

Digital storytelling : optimiser l’émotion d’un message

Pour développer leurs sphères d’influence, les entreprises et autres entités (associations, ONG, fédérations, institutions etc.) initient des relations, des discussions avec les parties prenantes qui composent l’écosystème dans lequel elles évoluent. Pour réaliser cet engagement digital, il est indispensable de se construire une légitimité durable. Un élément clef de ce type d’initiative est d’adresser un message pertinent dans le fond et la forme aux audiences auxquelles elle s’adresse: le digital storytelling. Dans ce cadre, interpeller et éveiller la curiosité sont les maitres mots retenus par le Center for Interdisciplinary Inquiry and Innovation in Sexual and Reproductive Health (Ci3), de l’Université de Chicago pour développer la sensibilisation aux problématiques de discrimination envers la communauté des noirs LGBT via des « digital stories ». Un projet de digital storytelling et de plateforme de recherche sociale baptisé South Side Stories a ainsi été élaboré conjointement par le Ci3 et des associations noires de Chicago. Tout l’enjeu, selon Craig Johnson, président du mouvement des Noirs Gay de Chicago consiste à améliorer l’impact que peut avoir une histoire personnelle de manière à dynamiser l’accélération du changement social. Dans ce cadre, la communication est abordée sous l’angle de l’efficacité afin d’optimiser l'émotion et le rendement de la sincérité. Cette initiative, dénuée de tout amateurisme est financée par la fondation Ford dont les motivations réelles ont soulevé quelques questions au point d’être qualifiée d’incarnation de la diplomatie culturelle américaine. Son processus va bien au-delà de la spontanéité inhérente à ces sujets épineux. Les « community partners » (Chicago Black Gay Men’s Caucus, Global Girls et YMCA of Metropolitan Chicago) identifient les participants, leurs histoires sont ensuite soigneusement sélectionnées au cours d’ateliers durant trois jours, par des éducateurs et des « media educators » coachant les individus et les transformant en acteurs de la communication médiatique via des stimuli oraux, écrits etc. Les storytellers sont ainsi formés aux media digitaux et aux éléments permettant d’optimiser l'émotion du message véhiculé (coming out mis en scène en vidéo, acceptation, ségrégation etc.). Une véritable mise en scène permet de mettre en valeur ces South Side Stories : narration, image, effets visuels et musiques. Cet exercice de digital storytelling suit logiquement celui de la cartographie des parties prenantes. L’extrême importance accordée au marketing du message maximise ses chances d’attirer la curiosité. Il est néanmoins indispensable de ne pas oblitérer l’aspect fondamental de son contenu, seul élément à même de garantir l’attention de l’audience car en termes d’engagement digital, la reconnaissance durable vient de l’utilité.   Vous souhaitez nous consulter pour plus d’information ? Cliquez...

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