Messagerie mobile: la publicité passera-t-elle par les robots ?
Août05

Messagerie mobile: la publicité passera-t-elle par les robots ?

Incarner une marque a toujours été le défi et l’objectif ultime d'une entreprise. On entend souvent dire que celles-ci se doivent avoir une identité, une culture, des valeurs… Des traits profondément humains, finalement. Derrière le concept, un défi : incarner, dans son action et dans sa communication, une certaine idée de l’entreprise. Ce challenge semble aujourd’hui à portée de main avec l’avènement de robots intelligents capables… de converser avec des humains. La montée en puissance d’intelligences artificielles de plus en plus autonomes met à portée de main le vieux rêve de communicant d’une marque incarnant les valeurs de l’entreprise : la publicité de demain passera-t-elle par les robots ?   Le recours aux robots, une tendance de fond Nous parlions il y a peu des mutations profondes qu’engendrera l’avènement des robots sur les réseaux sociaux pour les professions liées au numérique. Jusqu’à présent, nous les savions capables d’échanger sur Twitter ou d’écrire des articles plus ou moins complexes à la façon d’un journaliste (l’Associated Press confie depuis peu la rédaction de dépêches à des robots). Mais ces nouvelles technologies ont aussi réussi à investir des champs où on ne les attendait pas spontanément : c’est le cas des applications mobiles. Alors que le secteur des applications de discussion instantanée s’impose comme l’un des futurs moteurs de croissance des réseaux sociaux (il suffit de voir les montées en flèche de WhatsApp, Messenger, Kik ou encore Lime), les stratégies à adopter pour ces nouvelles plateformes ne semblent pas encore totalement rodées. Vouloir occuper ce nouvel espace de discussion semble légitime pour une marque, mais comment y parvenir sans pénétrer l’intimité des usagers ? C’est en cherchant à résoudre ce dilemme que Kik, la messagerie mobile la plus utilisée par les adolescents américains (4 adolescents américains sur 10 l’utiliseraient) a choisi de développer des robots évolués dont la "personnalité" et les propos "incarnent" la marque. Mieux encore, ces bots ne sont pas simplement capables d’interagir avec des humains, ils peuvent aussi apprendre à leur contact. Autrement dit, plus le robot échangera avec des humains, plus il acquerra un vocabulaire de niche qui collera de façon pertinente au secteur. Le fondateur de Kik, Ted Linvingston, a pris le temps d’expliquer plus précisément au Wall Street Journal ce qu’ils sont aujourd’hui capables de faire. Kik a développé deux types de robots : Ceux réservés aux entreprises, moins autonomes et se contentant d’une promotion automatique des produits de la marque. L’objectif étant d’éviter au maximum une « crise » sur des applications mobiles encore mal maîtrisées, tant que la technologie n’est pas mature. Le prototype de KikT ; celui-ci, beaucoup plus évolué, est capable de faire des plaisanteries, de manier l’ironie et le...

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« Le choc des photos » version 2.0 : du consommateur à l’acteur
Juil16

« Le choc des photos » version 2.0 : du consommateur à l’acteur

De grands yeux verts, un voile lui couvrant la tête, une expression figée, marquante. Vous vous souvenez certainement de cette photo d’une petite fille Afghane prise par Steve McCurry. Aux Etats-Unis, cette photographie est d’ailleurs une des plus rapidement reconnues par les Américains. L’impact que peut avoir une bonne image est en effet considérable. La petite fille afghane de Steve McCurry   En France, Paris Match a fait sa réputation dans les années 1950 en proposant des reportages photos exclusifs : images de guerre, scoops « people »…, etc. La ligne éditoriale couvrait un large choix de sujets,  seul primait un objectif : apporter l’exclusivité par l’image, fidèle à la devise de l’hebdomadaire « le poids des mots, le choc des photos ». Sur Internet, le poids des images est également conséquent : selon une étude récente conduite par ROI Research, 44% des consommateurs seront plus enclins à s’engager avec  une marque (« liker » une page, mettre un commentaire, partager un contenu) en présence d’une illustration. Cette dernière n’est pas nécessairement une photographie mais peut aussi prendre la forme d’une infographie, d’un schéma, d’un histogramme…Une chercheuse Américaine, dans une très intéressante étude sur les images et les réseaux sociaux, montra qu’en postant régulièrement des articles sur la page Facebook du MIT, elle obtenait un taux de réponses et d’engagement bien plus forts avec les posts accompagnés d’images : en effet, sur le top 20 des articles les plus commentés et partagés, 70% comportaient une photo. Les marques séduisent par l’image Aujourd’hui, environ 500 millions d’images sont partagées chaque jour sur Internet. Sur Instagram, ce sont 60 millions de photos qui sont mises en ligne chaque jour dans le monde, et plus de 1,6 milliard de likes récoltés ! Les marques se sont très vite emparées de ce créneau, en comprenant l’impact que pouvait avoir les réseaux sociaux et notamment l’engagement des internautes autour de leur marque. En effet, si obtenir d’un internaute qu’il écrive une critique positive d’un produit n’est pas chose aisée, un utilisateur Instagram partagera volontiers une photo de lui avec un produit qu’il aime. Une opportunité marketing hors pair qu’ont su saisir certaines marques en développant des campagnes digitales intégrant l’image comme outil à part entière. Des campagnes à succès centrées sur l’expérience des utilisateurs C’est le cas de Lululemon, une marque de vêtements de yoga, avec sa campagne #TheSweatLife, lancée en 2012. Les utilisateurs Instagram étaient invités à partager des photos d’eux portant des vêtements LululeMon avec le hashtag #TheSweatLife. Les images étaient ensuite directement diffusées sur le site Internet du groupe. Il affirme avoir augmenté ses ventes de façon conséquente grâce à #TheSweatLife, montrant ainsi l’impact des campagnes sur l’image et l’engagement des consommateurs...

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Pourquoi les marques ciblent systématiquement les femmes sur le Web ?
Juil03

Pourquoi les marques ciblent systématiquement les femmes sur le Web ?

Procter & Gamble, Always, Perrier… Qu’il s’agisse de campagnes visant à promouvoir l’identité féminine ou, au contraire, jouant sur des concepts sexistes ou graveleux, les femmes sont souvent la « cible » des marketers de tous poils. La ménagère de moins de 50 ans aurait-elle fait sa transformation numérique ? La ménagère de moins de 50 ans : un concept inadapté ? Autres temps, autres mœurs. Le concept de ménagère de moins de 50 ans, inventé dans les années 60, désignait ces femmes au foyer qui étaient les véritables « maîtresses de maison » et donc les chefs de budget. Propulsée par une déferlante de pubs plus ou moins sexistes, ou tout simplement terre à terre, vantant tour à tour tel réfrigérateur ou tel lave-vaisselle, la notion a longtemps fait les choux gras des publicitaires. Elle n’en demeure pas moins floue car trop discriminante, car elle englobe en son sein une population très large et hétéroclite de femmes. Mais derrière le concept, c’est aussi un travers de publicitaire particulièrement tenace qui a poussé, peu ou prou, le marketing à cibler de façon presque systématique cette catégorie bâtarde. A tort ? Pas totalement. Comme l’indique Aurora David, directrice de l’agence publicitaire My Media dans une interview très éclairante pour Europe 1, le concept de ménagère de moins de 50 ans répond à une réalité : les femmes sont très majoritairement celles qui achètent le plus. Peut-on en dire autant sur le Web social et parier sur la naissance d’une ménagère 2.0 ? Les femmes sont-elles celles qui font tourner les réseaux sociaux ?   Les femmes, nouvel eldorado des marques Ultra-sollicitées, les femmes sur les réseaux sociaux ? Apparemment oui, si l’on se réfère à cette liste de campagnes « virales » qui ont fait le tour du Web ces dernières années. Procter and Gamble: hardest job in the world (2012) Dove: Real beauty sketches (2013) Protecter and Gamble: Pick them back up (2014) Always: #LikeAGirl (2014) Et la liste est encore longue : Google : Made with Code (2014), Verizon : Inspire her mind (2014), etc. La structure est souvent la même : réalisation léchée, musique instrumentale et profonde, presque mélancolique, femmes de tous horizons et de toutes nationalités… Le storytelling varie également très peu. Généralement segmentée en deux parties, la vidéo va présenter une vérité établie, des moments de vie quotidiens, avant d’aboutir à la révélation finale, sorte d’eye opener qui en formera l’apothéose (en ce sens, elle respecte la structure narrative la plus classique… des blockbusters !). La transition entre ces deux moments peut être progressive, de l’enfance à l’âge adulte (Procter & Gamble, Made with Code, Verizon), ou au contraire brutale (Dove, LikeAGirl), selon l’émotion que l’on cherche à provoquer (la nostalgie, la révolte…). Ce mouvement s’est...

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Slacktivisme : YesAllWomen vs BringBackOurGirls, deux campagnes bien différentes
Juin05

Slacktivisme : YesAllWomen vs BringBackOurGirls, deux campagnes bien différentes

Le mois dernier, deux campagnes de slacktivisme – le fait de marquer son soutien à une cause par des publications sur les réseaux sociaux – ont fait l’actualité en atteignant un rare degré de viralité. Mais si #YesAllWomen et #BringBackOurGirls ont des éléments en commun (Twitter comme vecteur principal, thématique de la violence faite aux femmes…), l’erreur serait de confondre des causes et des effets bien distincts.   Slacktivisme : #YesAllWomen : une campagne apparemment spontanée #YesAllWomen est un mouvement ad hoc né à la suite de la fusillade de Santa Barbara. Pour répondre à la publication d’un manifeste misogyne et d’une vidéo où Elliot Rodger, le suspect présumé, se met en scène, des femmes ont décidé de se mobiliser contre les violences, d’ordre moral, physique ou sexuel, que subissent les femmes au quotidien. Tout a commencé avec l’invention du hashtag #YesAllWomen. L’internaute à l’origine de celui-ci est a priori inconnue, mais l’association de deux influenceuses à son Tweet (Anni Cardi et Kayleigh Anne) a donné lieu à un effet boule de neige.   @gildedspine @Ceilidhann Sounds like something that needs to get shared right now. #YesAllWomen — annie cardi (@anniecardi) 24 Mai 2014 Outre l’appui de ces leaders d’opinion, on peut légitimement arguer que le mouvement a aussi bénéficié de l’aide de deux communautés dynamiques et très actives sur les réseaux sociaux : la communauté féministe et la mosaïque des communautés anti-armes à feu (que nous avions déjà étudiée dans une publication précédente). Cependant, l’appui d’influenceurs et de communautés actives, deux critères fondamentaux dans la viralité d’une publication sur les réseaux sociaux, n’ont servi qu’à donner une impulsion au mouvement. Le succès de ce dernier réside ailleurs. L‘explosion de #YesAllWomen viendra dans un second temps. Rapidement, le hashtag va déclencher une vague apolitique et anonyme dépassant la question de la tuerie de San Barbara. En moins de quatre jours, elle a atteint les 1,2 millions de Tweets – le tiers de ce qu’a réalisé #BringBackOurGirls en deux mois. Ainsi, un nombre important de femmes sur Twitter vont tour à tour s’exprimer de façon personnelle et intime sur leurs quotidiens. La vague, multipliée par une large domination des femmes sur les réseaux sociaux, a donné lieu à un moment de rare spontanéité qui révèle les violences, ouvertes ou pernicieuses, subies par la gent féminine. L’impact du mouvement sur la presse américaine est radical. Le volume d’articles relatifs à ce simple hashtag est gigantesque (une simple recherche Google devrait vous en convaincre). Certes, une contre-campagne (#NotAllMen) s’est organisée mais a paradoxalement aidé à propulser #YesAllWomen davantage en alimentant un débat. Certains ont reproché en parallèle à #YesAllWomen de ne pas se concentrer suffisamment...

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Activisme actionnarial : la révolution du numérique
Mai28

Activisme actionnarial : la révolution du numérique

L’activisme actionnarial, à l’instar de l’ensemble des pans de la société, est touché par la transformation digitale. Les actionnaires comme les fonds de pension ne sont évidemment pas en reste sur ces enjeux. L’imaginaire populaire se plairait à cantonner ces communautés à leur rôle d’investisseurs avides de croissance, qui obéiraient aveuglément au seul mantra du retour sur investissement. Selon cette croyance, on s’imagine naturellement qu’elles accorderaient avant tout de l’importance à la baisse des coûts ou à la suppression d’emplois, et ne donneraient de leurs nouvelles que lors de la traditionnelle assemblée des actionnaires, grand-messe annuelle durant laquelle ces derniers écouteraient, religieusement ou en fronçant les sourcils, le bilan positif ou négatif des dirigeants. Las, la réalité est plus complexe. L’actionnaire aujourd’hui a une vision pour l’entreprise qui dépasse le simple retour sur investissement: c’est ce que l’on appelle l’activisime actionnarial (“shareholder activism“), concept populaire aux États-Unis, mais qui s’impose encore difficilement en France. La notion n’en trouve pas moins des réalités très concrètes dans son application – comme le souligne The Economist dans un article de février 2014. Devenue désormais une priorité pour certains PDG, cette autre forme d’activisme croît sous plusieurs formes, stimulée par une transformation digitale de plus en plus prégnante. L’actionnaire est devenu une partie prenante essentielle de l’écosystème numérique qui sait tirer parti des réseaux sociaux pour écouter, comprendre et peser sur les décisions de la compagnie.   L’actionnaire 2.0 est informé, curieux et engagé Le premier symptôme de la nouvelle donne de l’activisme actionnarial dépasse d’abord les réseaux sociaux et s’inscrit dans un cadre plus large. De façon générale, actionnaires ou fonds de pension s’expriment de façon beaucoup plus personnelle dans les media. Si l’on s’intéresse aux réactions diverses qui ont suivi l’OPA échouée de Pfizer sur AstraZeneca, on observe une certaine liberté de ton. De même, un homme comme Sir Stelios Haji-Ioannou, actionnaire principal de la compagnie aérienne easyJet, remet fréquemment et ouvertement en cause les décisions du comité de direction. Le phénomène n’est pas exactement nouveau, comme le fait judicieusement remarquer Pip McCrostie, contributrice pour le site internet du magazine Forbes, et remonte aux années 80. Les réseaux sociaux ont simplement agi comme des multiplicateurs de puissance de cette nouvelle audience. Un homme symbolise avec importance ce changement de donne : Eric Jackson, un actionnaire « activiste ». En 2007 (déjà !), ce dernier publiait sur YouTube des vidéos très critiques sur les performances financières de Yahoo, avant de lancer en 2011 un blog qui devint rapidement très influent. Pour les communautés d’investisseurs, les réseaux sociaux représentent la capacité de peser de façon significative sur la gouvernance de l’entreprise. Ils représentent également une source d’informations...

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Quel rôle pour le journaliste dans une stratégie de communication ?
Mai05

Quel rôle pour le journaliste dans une stratégie de communication ?

Les media sociaux ont évidemment fait évoluer les manières de communiquer au sens large c’est-à-dire, chercher, recueillir, analyser, synthétiser, mettre en forme, diffuser et animer l’information. Ils ont également remodelé les contours qui différenciaient, jusqu’à l’émergence du web 2.0, le contenu (l’information) et le contenant (le support par lequel l’information est diffusée). Par conséquent, c’est le périmètre, voire le métier entier du journalisme qui évolue. Cindy Royal, professeur à la School of Journalism and Mass Communication de l’université du Texas, livre ses réflexions sur ce que devient cette profession que nous commentons. Montée en puissance des plateformes de diffusion d’information Cindy Royal affirme que cette évolution implique que le métier et l’exercice du journalisme sont désormais étroitement liés aux enjeux technologiques de l’informatique de l’information (réseaux, websites, applications mobiles etc.). Plus spécifiquement, Cindy Royal met l’accent sur l’angle de la distribution de l’information que permettent les plateformes de partage de contenu. Une des conséquences de la puissance qu’ont acquise ces plateformes (blogs, forums, réseaux sociaux) est que les producteurs d’information (journalistes, reporters et media d’information) n’ont aujourd’hui plus le moyen de contrôler la diffusion et le partage du contenu qu’ils émettent. Pour aller plus loin, selon l’auteur, c’est aujourd’hui le contenant qui détermine l’importance du contenu de même que son classement, par rapport aux autres contenus. La diffusion de l’information devient le marqueur de son importance. Ce constat a entrainé l’émergence de nouveaux acteurs adaptant le contenu au contenant et inversement (Melty, LinkedIn etc.). Selon l’auteur, cette évolution tend à homogénéiser l’offre de contenus, ce qui s’illustre par la diminution des différences pouvant exister entre Twitter, le New York Times et un site comme Vox (les trending topics, les articles les plus lus, les plus partagés étant automatiquement mis en avant). Sensibilisation des aspirants journalistes à l’évolution du monde de l’information Par conséquent, Cindy Royal affirme qu’il est indispensable de former les étudiants journalistes à cette notion de diffusion de l’information. L’auteur dresse ainsi une liste de questions qu’elle adresse aux aspirants journalistes afin de les sensibiliser à l’évolution du paradigme informatif : Comprenez-vous l’évolution de l’informatique et comment elle influe aujourd’hui sur le développement des plateformes de diffusion de l’information ? Comprenez-vous les nouveaux business model générés par ces plateformes ? Comprenez-vous les pouvoirs de l’utilisateur de ces plateformes ? Comprenez-vous la dynamique des réseaux qui sous-tend ces plateformes ? Appréhendez-vous les problématiques des entrepreneurs de telles plateformes et leurs approches des fournisseurs de contenus ? Comprenez-vous l’importance des acteurs tels que Facebook Paper et Yahoo News ? Etes-vous familier avec les CMS et leurs attributs ? Cindy Royal insiste sur ces éléments car selon elle, ils façonnent la manière dont le journaliste doit comprendre le...

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